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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Les Templiers à Ramoulu

Une maison du Temple attestée à Ramoulu

Ramoulu, dans l’actuel département du Loiret, est bien lié à l’histoire de l’Ordre du Temple. Les documents conservés ne permettent pas de tout reconstituer depuis l’origine, mais ils attestent l’existence d’une maison du Temple devenue plus tard un membre relevant de l’Hôpital. Il ne faut donc pas présenter Ramoulu comme un simple voisinage templier : le lieu correspond à un domaine effectivement tenu par l’ordre, puis transmis après sa suppression.

Origine et premières mentions

Les titres les plus anciens manquent, ce qui empêche de décrire avec certitude la fondation dans tous ses détails. Toutefois, un acte connu de manière incomplète indique que Ramoulu figurait parmi les domaines donnés au XIIe siècle par Louis VII aux Templiers. Cette indication doit être rapportée avec prudence, mais elle va dans le sens d’une implantation réelle et ancienne.

Un domaine rural et non une commanderie autonome prouvée

La documentation décrit à Ramoulu une maison et des terres, autrement dit un établissement foncier à caractère agricole. La nature du bien correspond ici à une ferme du Temple ou à une maison rurale, et non nécessairement à une grande commanderie autonome. Les textes postérieurs montrent surtout un domaine exploité, affermé et administré avec ses revenus, ses bâtiments et ses droits seigneuriaux.

Terres, revenus et exploitation

Au XIVe siècle, les terres de la maison de Ramoulu comptaient 150 arpents. Elles sont signalées en plusieurs lieux-dits, notamment vers la Croix-Coignepuys, la Croix-de-Boissy, la Haste-Alix, la Grande et la Petite-Fouchère. L’ensemble était affermé avec un clos de vigne, des cens et des rentes. Une déclaration de 1376 montre ainsi un domaine organisé, productif et intégré à l’économie locale.

Le fermier devait en outre certaines charges, parmi lesquelles l’entretien du frère de l’Hôpital qui desservait alors la cure de Ramoulu. Ce point montre que le domaine n’était pas seulement une exploitation agricole : il participait aussi à l’encadrement religieux local.

La cure et les dîmes

La paroisse de Ramoulu relevait d’une cure fondée sous le vocable de Saint-Pierre. À la fin du XVe siècle, elle était encore desservie par un frère de l’ordre de l’Hôpital. Une visite prieurale de 1493 indique qu’à Ramoulu se trouvaient une maison et une grange pour le fermier, en bon état, dans un village d’environ quarante habitants soumis à la seigneurie.

Au début du XVIe siècle, le service de l’église n’était plus assuré par un frère de l’ordre, mais par un prêtre séculier prenant la cure à ferme. Les revenus comprenaient alors non seulement les dîmes de la paroisse, mais aussi celles perçues à Piponvilliers, Coignepuys et Boissy-le-Brouard. Ramoulu apparaît ainsi comme le centre d’un petit ensemble de droits, de terres et de prélèvements.

Destructions et reconstruction

En 1473, les bâtiments de Ramoulu étaient dits ruinés par les guerres. Le commandeur Pierre Louffart choisit alors de donner les terres à cens pour une longue durée, à charge pour le preneur de verser chaque année une redevance en grain, moitié blé et moitié avoine, et de reconstruire la maison et les édifices de la ferme à ses frais.

Cette reconstruction était accomplie à la fin du XVe siècle, puisque la visite de 1493 mentionne de nouveau une maison et une grange en bon état. L’histoire de Ramoulu montre donc non une disparition précoce, mais la continuité d’un domaine réorganisé après les destructions de la guerre.

Après la suppression du Temple

Comme beaucoup de biens templiers, Ramoulu passa aux Hospitaliers après la suppression de l’ordre du Temple. Les mentions postérieures concernent alors l’administration hospitalière du domaine, ses fermes, ses dîmes et sa cure. À l’époque moderne, il ne semble plus subsister sur place qu’une grange servant à recevoir les récoltes et le produit des dîmes, signe d’une évolution vers une gestion essentiellement foncière et agricole.

Ce qu’il faut retenir pour Ramoulu

  • Ramoulu ne doit pas être présenté comme un simple lieu de voisinage templier : une maison du Temple y est attestée.
  • Les documents ne prouvent pas pour autant l’existence d’une grande commanderie autonome ; ils décrivent avant tout une ferme ou maison rurale avec terres, revenus et bâtiments.
  • Le domaine comprenait des terres, un clos de vigne, des cens, des rentes et des dîmes.
  • Après 1312, l’établissement passa aux Hospitaliers, qui continuèrent à l’exploiter et à en percevoir les revenus.
  • La cure de Saint-Pierre, les dîmes de plusieurs lieux voisins et la reconstruction de la maison au XVe siècle montrent la solidité de cette implantation dans la durée.

REPÈRES TERRITORIAUX

Replacez cette commune dans le maillage territorial de l’Ordre du Temple.

Les Templiers à Ramoulu