Présence templière à Romestaing
Les textes réunis montrent que Romestaing formait un établissement dépendant de la circonscription de Cours, autour duquel s’agrégèrent terres, dîmes, hommes et diverses dépendances. La documentation ne permet pas toujours de dater chaque concession avec précision, mais elle suffit à établir l’existence d’un noyau templier local dès le XIIe siècle, puis son maintien au siècle suivant.
Formation de la maison de Romestaing
Un premier ensemble de donations se place autour du milieu du XIIe siècle. Dans l’entourage des seigneurs de Bouglon, Raymond et Amanieu, une donation de la moitié des dîmes de Saint-Hilaire-de-Cavaniac est signalée comme antérieure à 1165. Ce contexte éclaire l’expansion des biens relevant de Cours dans ce secteur.
Pour Romestaing même, le dossier mentionne qu’Amanieu de Cautera, avec ses petits-fils Forton et Bernard, céda sa terre de Romestang au commandeur de Cours. Dans le même mouvement, W. du Bosc donna le quart de la dîme de Saint-Loubert. Ces mentions sont importantes, car elles distinguent nettement deux réalités : d’une part la terre de Romestaing, liée à la maison ; d’autre part Saint-Loubert, qui apparaît comme un domaine ou une possession foncière associée.
Un autre acte, daté de 1160 dans le dossier, précise que Raymond de Bouglon et Amanieu son fils donnèrent les hommes et les femmes de Cridelose, avec tout ce qui leur appartenait, à Hélie de Focald, précepteur de la maison du Temple de Cours, pour la fondation de la Maison du Temple de Romestaing. Cette indication donne un point d’appui direct pour reconnaître l’existence d’une maison templière à Romestaing, et non une simple tradition locale.
Biens, donations et dépendances
La documentation évoque ensuite plusieurs donations faites à la maison de Romestaing. Aimerie, cousine d’Arnaud de Coutures et femme d’Arnaud de Cantecorp, donna sa terre située à Romestaing. Ses fils Pierre et Vidal approuvèrent l’acte et s’en portèrent garants. De même, Raymond Guillem de Casepriounde donna sa vigne de Casepriounde aux chevaliers du Temple.
Un autre acte signale qu’Amanieu de Cantiran engagea à Pierre de Sainte-Marthe et à la maison du Temple la terre de Figairols, avec forêt, vigne et hommes. Cependant, le dossier attire lui-même l’attention sur la nécessité de distinguer avec prudence la localisation exacte et la nature des établissements portant des noms proches. Il convient donc de ne pas transférer à Romestaing plus que ce que l’acte permet d’assurer : l’existence d’un bien désigné comme terre de Figairols dans les transactions de la maison, sans en faire abusivement une implantation autonome sur la commune.
Le dossier mentionne encore une donation de vigne à Casepriounde, ainsi qu’un acte par lequel Bernard Tison se donna aux chevaliers du Temple avec sa terre de Romestaing, à charge pour la maison de le nourrir sa vie durant. L’ensemble de ces pièces montre une seigneurie et un temporel constitués progressivement par cessions de terres, de vignes, de dîmes et de dépendants.
À Saint-Loubert, une autre donation est signalée de manière plus ample : Guillaume Vital et Raymond, frères, donnèrent toute la terre et la dîme de Saint-Loubert. L’acte fit l’objet de protestations, ensuite levées. Saint-Loubert apparaît ainsi comme une possession bien attestée, rattachée à l’ensemble de Romestaing, mais distincte de la maison elle-même.
Une seigneurie templière établie
Les différentes possessions réunies constituèrent ce que le dossier appelle le membre de Romestang, demeuré uni à Cours. Il est même indiqué que la seigneurie entière de Romestang, avec la haute justice, avait été donnée aux Templiers. Cette situation provoqua en 1267 un conflit avec Bertrand de Got, prévôt de lieux relevant de l’archevêque de Bordeaux, qui contesta cette juridiction et mena une action de force. Après présentation des titres et témoignages, les droits du Temple furent reconnus et le détenu enlevé par les hommes du prévôt fut restitué.
Cette affaire prouve que la maison de Romestaing n’était pas une simple possession rurale isolée, mais un établissement doté d’attributions seigneuriales suffisamment fortes pour susciter une contestation de juridiction.
Commandeurs et extension du temporel
Le dossier nomme plusieurs précepteurs ou commandeurs liés à Romestaing et à Cours. Hélie de Focald intervient à l’époque des premières donations. En 1267 apparaît Pierre d’Audiran, qualifié de précepteur de Romestang. Vital de Caupène est ensuite mentionné, puis Arnaud de la Croix vers 1289-1292.
En 1283, Vital de Caupène, commandeur de Cours, acheta au comte d’Albret sa part des dîmes de Romestang. Le dossier en conclut qu’au moment de la chute de l’ordre, les Templiers se trouvaient seuls seigneurs de la ville et de son territoire, tant au spirituel qu’au temporel.
D’autres acquisitions de bois et de terres apparaissent encore à la fin du XIIIe siècle dans l’entourage de Cours et de Romestaing, notamment vers Esquerdes, Mazerolles et Auzac. Esquerdes est d’ailleurs signalé comme une annexe de la commanderie de Romestaing, ce qui confirme l’existence d’un petit ensemble dépendant de cette maison.
Après le Temple
Après la suppression de l’ordre en 1312, l’héritage de Romestaing passa aux Hospitaliers. Le dossier indique expressément que les Hospitaliers héritèrent intégralement du territoire et des droits détenus par les Templiers. Une mention de 1337 cite d’ailleurs un commandeur de Romestaing dans un acte passé par un procureur de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, ce qui atteste la continuité institutionnelle du lieu après le transfert.
Synthèse historique
Romestaing correspond donc à une Maison du Temple véritablement documentée, formée par des donations remontant au XIIe siècle et organisée comme membre dépendant de Cours. Saint-Loubert relève du même ensemble, mais en tant que domaine distinct, attesté par des donations de terre et de dîme. Les textes permettent en outre d’entrevoir autour de Romestaing un réseau de dépendances et d’annexes, parmi lesquelles Cridelose et Esquerdes jouent un rôle notable. La cohérence du dossier impose ainsi de parler non d’absence templière, mais d’une implantation foncière et seigneuriale bien établie, intégrée ensuite au temporel des Hospitaliers.
Raccord historique local
Le rapprochement territorial désormais consolidé permet de relier Romestaing à un point d’implantation templière documenté dans le même département : Esquerdes.
Ce lieu est aujourd’hui rattaché à Guérin – 47 Domaine du Temple d'Esquerdes Esquerdes fut une annexe de la commanderie de Romestaing. La paroisse eut. Cette précision permet de distinguer le site historique de la commune administrative actuelle.
Le dossier fait notamment apparaître domaine du Temple, commanderie, terres. Ces éléments sont présentés comme des repères du secteur et non comme la preuve automatique d’une commanderie dans la commune moderne.
La formulation reste volontairement prudente : le rapprochement confirme un lien territorial documenté sans étendre au-delà des éléments établis la nature exacte de la présence de l’Ordre du Temple.
POUR APPROFONDIR
Découvrir l’Ordre du Temple
Pour replacer cette histoire locale dans une chronologie plus large, consultez notre histoire des Templiers et de l’Ordre du Temple, de ses origines à sa suppression en 1312.
Pour découvrir l’univers templier proposé par notre partenaire marchand, retrouvez également l’Univers des Templiers de La Forge des Chevaliers®.
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