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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Les Templiers à Senozan

Une seigneurie du Temple à Senozan

Senozan relève bien de l’histoire templière locale, non comme une grande commanderie autonome clairement établie par les éléments conservés ici, mais comme une seigneurie et une censive dépendant du Temple. Les documents signalent en effet que le commandeur du Temple de Montbellet exerçait des droits sur une partie de Saint-Pierre-de-Senozan, ce qui atteste une présence seigneuriale réelle de l’Ordre dans le village.

Attestation de la présence templière

Le texte ancien rapproche cette possession de celles connues à Farges-lès-Mâcon. Cette comparaison suggère une organisation territoriale liée à l’axe de circulation entre Mâcon, Montbellet et la grande route de Paris à Lyon, sans permettre pour autant d’élever Senozan au rang de commanderie indépendante.

Nature du bien à Senozan

À Senozan, la présence templière documentée prend la forme d’une seigneurie foncière et judiciaire. Le Temple y détenait des droits utiles et seigneuriaux sur une partie du terroir et de ses habitants. Les éléments conservés ne décrivent pas ici une commanderie complète avec tous ses bâtiments conventuels, mais un membre dépendant ou une possession rattachée à l’autorité du commandeur de Montbellet.

Un corps de logis est mentionné à l’angle du chemin de Senozan vers la Saône et de celui menant à Saint-Martin-Belle-Roche. Ce bâtiment dépendait de la censive templière. Sa mention confirme que les droits seigneuriaux n’étaient pas purement abstraits et qu’ils s’inscrivaient dans un bien localisé au sein du finage de Senozan.

Droits seigneuriaux et revenus

Le Temple ne se contentait pas d’une présence symbolique. La documentation précise qu’au XVIIe siècle encore, lors d’une visite de 1662, le commandeur percevait à Senozan deux sols six deniers de cens. Cette perception tardive montre la continuité de droits issus de la possession médiévale, même après la disparition de l’Ordre du Temple.

Le terrier signale aussi une situation remarquable : à Senozan, les justiciables du commandeur étaient dits hommes levants et couchants. Cette formule traduit un lien de dépendance seigneuriale complet dans le cadre décrit par les documents, et elle est présentée comme un cas singulier dans l’ensemble concerné.

Rattachement à Montbellet

Senozan doit être compris dans l’orbite du Temple de Montbellet. Le commandeur de Montbellet y exerçait ses droits, ce qui fait de Senozan une dépendance seigneuriale de cet établissement plutôt qu’une maison principale distincte. Cette précision est importante pour éviter toute confusion de statut : le lieu est bien templier, mais la hiérarchie de son implantation semble renvoyer à une gestion depuis Montbellet.

Devenir après la suppression de l’Ordre

Après la suppression de l’Ordre du Temple au début du XIVe siècle, les biens templiers passèrent généralement aux Hospitaliers. Les mentions tardives de la censive et des revenus à Senozan montrent que cette trame domaniale a continué d’exister dans la longue durée, sous administration successorale des droits anciennement templiers.

Au début du XVIIIe siècle, le corps de logis dépendant de cette censive est signalé comme appartenant à un seigneur local. Cela montre qu’à cette date, l’ancien bien relevant de la seigneurie du Temple avait connu des transformations de propriété ou de jouissance, tout en conservant le souvenir de son rattachement antérieur.

Ce que l’on peut affirmer avec précision

  • Senozan possède bien une implantation templière documentée, sous la forme d’une seigneurie et d’une censive.
  • Cette possession dépendait du commandeur du Temple de Montbellet.
  • Le Temple y exerçait des droits de justice sur une partie du village.
  • Un corps de logis dépendait de cette censive à Senozan.
  • Il n’est pas prudent, avec les seuls éléments ici conservés, de transformer cette possession en commanderie autonome.

Lecture historique du site

L’intérêt de Senozan réside donc dans une présence templière concrète, mais de nature seigneuriale et dépendante. Le lieu témoigne de l’enracinement foncier du Temple dans le Mâconnais, où l’Ordre ne possédait pas seulement des maisons importantes, mais aussi des portions de villages, des cens, des droits de justice et des bâtiments liés à l’exploitation ou à l’administration de ses biens.

Ainsi, il ne faut ni minimiser Senozan en niant toute présence templière, ni exagérer son rôle en y voyant sans preuve une commanderie de plein exercice. Les documents permettent de reconnaître à Senozan une seigneurie du Temple, intégrée au réseau de possessions relevant de Montbellet.

REPÈRES TERRITORIAUX

Replacez cette commune dans le maillage territorial de l’Ordre du Temple.

Les Templiers à Senozan