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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Les Templiers à Sergeac

Maison du Temple de Sergeac

Sergeac est explicitement documenté comme une maison du Temple en Périgord. Les éléments conservés ne permettent donc pas de présenter la commune comme dépourvue de présence templière. Ils établissent au contraire l’existence d’un établissement templier déjà constitué au XIIIe siècle, avec des terres, des droits seigneuriaux partiels et un percepteur propre.

Une maison templière déjà existante au XIIIe siècle

Un acte de 1280 mentionne la maison du Temple de Sergeac comme un point de repère déjà reconnu. Hélie Rudel Ier, seigneur de Bergerac et de Montignac, y vend à frère Géraud Larergne, précepteur des maisons du Temple dans le diocèse de Périgueux, une certaine étendue de terrain située autour de cette maison. La cession comprend la moyenne et basse justice, pour cent livres tournois et un marabotin d’or d’acapte, celui-ci étant lié au signe de la haute justice et payable à chaque mutation du seigneur de Montignac et du grand maître du Temple outre-mer, par le percepteur de Sergeac ou un autre représentant.

La formulation même de l’acte montre que la maison n’était pas créée en 1280 par cette vente : elle existait déjà, puisque le terrain cédé est défini comme étant situé autour de la maison. La documentation interne indique expressément que cet acte prouve une existence antérieure de l’établissement.

Accords seigneuriaux et confirmation des droits

La documentation signale aussi un accord passé le jeudi avant Noël 1275 entre Hélie de Rudel, seigneur de Bergerac et de Montignac, et Gérard de Lavergne, précepteur du Temple en Périgord. Selon ce texte, le seigneur cédait au Temple tout ce qu’il possédait à Sergeac et recevait en échange le mas de Bersac. Cet élément va dans le même sens que l’acte de 1280 : il atteste des rapports suivis entre le pouvoir seigneurial local et les Templiers à propos de biens situés à Sergeac.

Au début de 1305, soit plus de vingt-quatre ans après la vente de 1280, Renaud de Pons IV, fils et héritier d’Hélie Rudel, n’était plus d’accord avec Gérard Larergne. Un traité fut alors conclu : il ratifiait la rente consentie par son père, moyennant trois cent cinquante livres de petits tournois noirs et le marabotin d’or d’acapte, avec quelques réserves signalées comme secondaires. Ce règlement confirme la continuité des droits et des intérêts attachés à la maison de Sergeac au tout début du XIVe siècle.

Rang de Sergeac dans le Temple en Périgord

Les documents internes présentent Sergeac comme un établissement d’importance. Il y est décrit comme un des membres les plus importants de la commanderie étudiée, et même comme un ancien établissement florissant des Templiers. La même tradition documentaire ajoute que, dans les derniers temps de l’ordre, Sergeac aurait servi de résidence aux maîtres de l’Ordre en Périgord. Cette affirmation doit être conservée avec prudence comme un témoignage du dossier transmis, mais elle concorde avec le rang élevé que les mêmes textes attribuent à la maison.

Quoi qu’il en soit, la présence d’un précepteur du Temple en Périgord, de transactions importantes avec les seigneurs de Bergerac et de Montignac, ainsi que la mention d’un percepteur de Sergeac, montrent que l’établissement dépassait le simple bien isolé. La maison s’insérait dans une administration templière active, capable de négocier, de gérer des redevances et d’exercer des droits utiles sur place.

Biens et dépendances liés à Sergeac

La documentation départementale rattache à Sergeac plusieurs possessions sur la paroisse voisine de Saint-Léon-sur-Vézère. Les Templiers de Sergeac y avaient la jouissance de plusieurs terrains mentionnés en 1303 :

  • la Borderie de Tonelarie ;
  • le Terme Rouge, désigné sous la forme Terminus Rubeus ;
  • le mans de Podio Lannor.

Ces mentions confirment que la maison de Sergeac ne se réduisait pas à un seul bâtiment. Elle disposait d’un petit ensemble foncier étendu au-delà du seul village, ce qui correspond au fonctionnement habituel d’une maison rurale de l’ordre.

Ce que l’on peut établir, et ce qui doit rester prudent

Les faits assurés par les documents fournis sont les suivants : Sergeac possédait bien une maison du Temple ; celle-ci existait déjà avant 1280 ; elle était en relation directe avec le précepteur templier du diocèse de Périgueux ou du Périgord ; elle bénéficiait de terrains, d’une perception locale et de droits de justice au moins moyenne et basse ; enfin, elle commandait ou exploitait aussi certains biens à Saint-Léon-sur-Vézère au début du XIVe siècle.

En revanche, les pièces reproduites ici ne permettent pas de décrire avec certitude le plan des bâtiments, le vocable éventuel d’une chapelle, ni le détail de son devenir après la suppression de l’ordre en 1312. La notice doit donc s’en tenir à cette base documentaire sans extrapolation.

Synthèse historique

Sergeac n’est pas un simple lieu à replacer dans un contexte templier régional : c’est un site templier documenté, désigné comme maison du Temple. Les actes conservés montrent une implantation déjà ancienne au XIIIe siècle, consolidée par des accords avec les seigneurs de Bergerac et de Montignac, assortie de droits seigneuriaux partiels et d’une gestion locale identifiable. Les terrains tenus à Saint-Léon-sur-Vézère en 1303 complètent l’image d’une maison active et bien insérée dans le réseau templier du Périgord.

REPÈRES TERRITORIAUX

Replacez cette commune dans le maillage territorial de l’Ordre du Temple.

Les Templiers à Sergeac