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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Les Templiers à Villars-les-Dombes

Le Temple de Villars-les-Dombes

À Villars-les-Dombes, la présence de l’Ordre du Temple est bien attestée. Il ne s’agit pas d’une simple tradition locale, mais d’une maison templière établie avant 1201, avec des biens, des droits et une chapelle placée sous le vocable de saint Denis. Les éléments conservés permettent de replacer ce site dans l’histoire médiévale de la Dombes sans lui attribuer davantage qu’on ne sait.

Localisation historique

Le Temple de Villars se trouvait sur le territoire de l’actuelle commune de Villars-les-Dombes, dans l’Ain. Les textes indiquent que la maison de l’ordre était située hors de l’enceinte de la ville. La chapelle du Temple, dédiée à saint Denis, appartient à cet ensemble.

Les formes anciennes du nom montrent la continuité de l’identification du lieu dans la documentation médiévale : Villa de Vilars, parrochia Villarii, de Vilario, de Vilariis, de Vilaris ou encore de Villariis. Les mentions de Templum du Vilariis et de Domus milicie Templi de Vilars confirment clairement l’existence d’une maison du Temple à Villars.

Origine et attestations

La maison templière de Villars est fondée avant 1201. Cette année-là, Étienne de Thoire-Villars concéda aux Templiers un moulin appelé de Grenet avec son cours d’eau, tout en confirmant les concessions accordées auparavant par ses prédécesseurs. Cette précision est importante : elle montre que l’implantation templière existait déjà et qu’elle bénéficiait d’appuis seigneuriaux locaux.

Au XIIIe siècle, la maison apparaît encore dans plusieurs mentions qui attestent sa réalité institutionnelle. Vers 1274, elle est désignée comme la maison de la milice du Temple de Villars. Une autre mention, vers 1250, emploie le nom de Templum à Villars, tandis que des formes postérieures conservent le souvenir de ce même établissement.

Possessions et économie

Le dossier conservé ne décrit pas une grande commanderie autonome avec certitude, mais bien une maison du Temple disposant d’un patrimoine local. Le moulin de Grenet en est l’un des éléments les mieux attestés. Avec son cours d’eau, il représentait une ressource utile dans l’économie de la maison.

En 1280, Humbert de Thoire-Villars donna son assentiment à une donation faite par un nommé Jourdanne d’une pièce de terre située devant ce moulin. Il autorisa en outre les Templiers à bâtir un four. Le même acte protégeait les frères et leurs hommes contre certaines interventions du prévôt seigneurial, notamment en matière de justice, de collecte, de moisson ou de garde. Ces dispositions montrent une implantation solidement reconnue et dotée de privilèges concrets.

Personnes connues

Vers la même époque, Ponce de Lyon est cité comme précepteur de la maison de la milice du Temple de Villars. Cette mention confirme que l’établissement possédait une organisation propre et un responsable identifié.

La chapelle de saint Denis

La chapelle du Temple de Villars était placée sous le vocable de saint Denis. Elle constitue un élément central de l’établissement. Des témoignages postérieurs, à l’époque hospitalière, montrent que son souvenir s’est maintenu longtemps.

Au début du XVIIe siècle, la chapelle était déjà en ruine pour une large part, même si la messe y était encore célébrée le jour de la Saint-Denis. Plus tard, au milieu du XVIIe siècle, elle restait un lieu de dévotion fréquenté par les populations voisines. Cela indique une continuité de l’attachement local au site, malgré son état matériel dégradé.

Devenir après 1312

Comme les autres biens du Temple, la maison de Villars passa en 1312 aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Elle fut alors annexée à la commanderie des Feuillets. À partir de cette date, le site entre dans l’histoire hospitalière tout en conservant la mémoire de son origine templière.

Plusieurs opérations sont ensuite connues. En 1324, Hugues de Saint-Romain, commandeur, obtint du sire de Thoire-Villars des terres destinées à l’extension de l’étang de Luzy. En 1332, un revenu fut assigné à la chapelle sur des biens situés à Bouligneux. En 1341, Renaud de Fay acquit encore des terres comprises dans l’étang de Villars. En 1390 enfin, une reconnaissance mentionne la grange de Chasselet tenue au profit de la maison, avec un service annuel en argent, en redevances de grains, de volailles, de foin et de corvées.

Traces postérieures

La documentation moderne conserve le souvenir du Temple de Villars comme membre de la commanderie des Feuillets. Au XVIIe siècle, Villars apparaît encore parmi ses membres. À la fin du XVIIIe siècle, il est signalé comme un membre sans aucun bâtiment, ce qui montre l’effacement matériel progressif de l’ancienne implantation.

Le nom même du Temple a fini par disparaître localement, mais les textes permettent d’établir sans ambiguïté l’existence ancienne d’une maison templière à Villars-les-Dombes, avec chapelle, moulin, terres et dépendances. Pour ce lieu, l’histoire templière repose donc sur des attestations directes et sur une continuité patrimoniale reprise ensuite par les Hospitaliers.

REPÈRES TERRITORIAUX

Replacez cette commune dans le maillage territorial de l’Ordre du Temple.

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