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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Domaine du Temple de La Dhuy

Chapelle et grange du Temple de La Dhuy

Repères territoriaux liés

La Dhuy se trouvait sur le territoire de l’actuelle commune de Landres-et-Saint-Georges, dans les Ardennes, sur le chemin allant de Landres à Dun-sur-Meuse. Le lieu correspond, dans l’état de la documentation fournie, à un établissement rural du Temple associé à une chapelle, mais aussi décrit comme une grange. Rien n’autorise en revanche à l’élever au rang de commanderie autonome.

Localisation et cadre du site

Le site est signalé en bordure de la route de Landres à Dun-sur-Meuse. Les bâtiments formaient encore, à l’époque de la description conservée, un vaste quadrilatère organisé autour d’une cour. Le terroir voisin dessinait un large demi-cercle dominé à l’est et au sud par le bois de la Ronlieule et le bois de Romagne.

À proximité immédiate de la ferme existait une source profonde connue sous le nom de Gouffre de La Dhuy. Cette émergence alimentait un ruisseau se dirigeant vers l’Aisne après avoir traversé Landres et fait tourner plusieurs moulins. Le voisinage d’anciennes vignes sur les coteaux, ainsi que l’existence ancienne d’un moulin et d’un étang en aval, montrent que l’implantation s’inscrivait dans un terroir mis en valeur de longue date.

Ancienneté du lieu et passage au Temple

La Dhuy est rattachée par les érudits mentionnés dans la documentation au toponyme ancien Adloisda, cité parmi les possessions de l’abbaye de Saint-Remi. Cette identification doit être retenue avec prudence, mais elle suggère l’ancienneté du site dans les domaines dépendant de cette abbaye.

Pour les premiers temps de l’établissement, la documentation décrit surtout une grange dîmière, c’est-à-dire un centre de perception et de stockage destiné à recevoir des redevances en grains, des droits de terrage et d’autres produits seigneuriaux, tout en servant à l’exploitation du domaine. Cette fonction agricole et domaniale paraît avoir précédé ou accompagné l’occupation templière.

Le transfert aux Templiers n’est pas documenté ici par un acte propre à La Dhuy, mais il est indiqué que les terres relevant auparavant de Saint-Remi passèrent au Temple au cours du XIIe siècle, soit par donation, soit par acquisition. La prudence s’impose donc sur les modalités exactes de cette transmission. En revanche, la mention d’une chapelle primitive, aujourd’hui disparue, confirme qu’il ne s’agissait pas seulement d’une exploitation agricole nue, mais d’un ensemble doté au moins d’un lieu de culte.

Nature de l’établissement

Les textes fournis emploient pour La Dhuy la désignation de grange de La Dhuy et la rattachent au groupe des domus Hospitalis après la disparition de l’Ordre du Temple. Cette double caractérisation invite à distinguer plusieurs niveaux :

  • un noyau agricole et de perception, relevant de la catégorie de la grange ;
  • une chapelle attestée par le souvenir de sa disparition ;
  • un maintien du site dans le patrimoine des Hospitaliers après le transfert des biens du Temple.

En l’état, La Dhuy apparaît donc comme une exploitation rurale structurée, pourvue d’une chapelle, et non comme une maison templière de premier rang documentée par des listes de commandeurs ou par une juridiction propre.

Biens et économie rurale

Tout ce que la documentation permet de saisir va dans le sens d’un établissement tourné vers la gestion d’un terroir agricole. La grange servait à centraliser les produits en nature, en particulier les céréales issues des dîmes et terrages. La description du site et de son environnement renvoie à une exploitation de grande surface, insérée dans un paysage mêlant terres labourables, bois, eau courante et anciens coteaux viticoles.

La présence du ruisseau issu du gouffre, l’existence signalée de plusieurs moulins en aval, ainsi que le souvenir d’un moulin et d’un étang près du site, donnent à penser que l’eau jouait un rôle important dans l’économie locale. Toutefois, les documents fournis ne disent pas expressément que ces moulins ou cet étang appartenaient au Temple ; il faut donc se borner à constater leur voisinage dans l’environnement de La Dhuy.

La comparaison établie avec la Grange-aux-Bois proche de Cierges, possession des sires de Landreville mentionnée en 1277 par Gobert de Dun, n’apporte pas un droit sur ce lieu voisin, mais éclaire le type d’exploitation auquel appartenait La Dhuy : un établissement de collecte, de stockage et d’encadrement de terres seigneuriales.

Le devenir hospitalier

Après la suppression de l’Ordre du Temple, La Dhuy entra dans le patrimoine des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. La mention Domus Hospitalis en garde le souvenir. Les passages documentaires relatifs à Claire-Fontaine montrent, plus largement, que les Hospitaliers succédèrent bien aux Templiers dans la région et continuèrent à accroître certains domaines par achat au XIVe siècle. Rien ne permet cependant d’attribuer directement à La Dhuy l’acquisition de 1337 concernant Claire-Fontaine, Ballay et Verdy ; il convient de ne pas confondre ces ensembles fonciers distincts.

La continuité la plus sûre est donc celle de la fonction domaniale : le bien passa des Templiers aux Hospitaliers sans que la documentation ici fournie livre de rupture d’occupation du site.

Vestiges et état postérieur

Le principal témoin durable semble avoir été le parcellaire et le maintien du site comme exploitation agricole organisée autour d’une cour fermée. Le nom de La Dhuy et celui du Gouffre de La Dhuy ont, eux, conservé la mémoire du lieu.

Toponymie et mémoire locale

Le dossier associe La Dhuy à la forme ancienne Adloisda, transmise par un polyptyque de Saint-Remi. Sans pousser plus loin l’interprétation linguistique, cette équivalence a au moins servi à ancrer le site dans une histoire antérieure à l’arrivée du Temple. Le toponyme moderne est resté attaché à la ferme et à la source voisine.

Autour du gouffre se sont fixés des récits locaux, notamment celui de disparitions dans la source et celui des cloches qui y auraient été jetées en 1792 par des soldats prussiens. Ces traditions appartiennent à la mémoire du lieu, mais elles ne peuvent être utilisées comme preuves pour l’histoire médiévale de l’établissement.

La Dhuy doit ainsi être comprise, d’après les seules données disponibles, comme une ancienne grange templière pourvue d’une chapelle, implantée dans un terroir agricole anciennement exploité, puis conservée par les Hospitaliers avant de devenir une simple ferme dont les structures visibles n’ont plus gardé de trace certaine du sanctuaire médiéval.

Situer cette implantation

Croix des Templiers – Domaine du Temple de La Dhuy