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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Maison du Temple de Châteauroux

Une maison du Temple attestée à Châteauroux

Repères territoriaux liés

La présence du Temple à Châteauroux est bien attestée dès la seconde moitié du XIIe siècle. Il ne s’agit donc pas d’une simple hypothèse toponymique ou d’un souvenir imprécis, mais d’une maison du Temple mentionnée par la documentation ancienne dans la ville de Châteauroux, dans l’actuel département de l’Indre.

Attestation ancienne

Une mention de 1178 signale déjà les Templiers à Châteauroux. À cette date, une donation de Pierre de Chanly à l’abbaye de La Vernusse est passée en présence d’Étienne Raimbaud, templier, et de Lenoir, son frère, prêtre. La charte est dite signée sous le porche de Saint-André de Châteauroux, près de la maison du Temple. Cette indication établit l’existence d’une implantation templière dans la ville à une date haute.

La maison de Châteauroux

La maison médiévale des Templiers a disparu. Les textes indiquent qu’elle fut remplacée au XVe siècle par un autre édifice, encore existant au milieu du XIXe siècle, avant son expropriation en 1843 lors de l’agrandissement de la place du Marché. Il ne subsiste donc pas, d’après les éléments fournis ici, de vestige certain de la maison primitive.

Une description tardive permet toutefois d’en saisir l’organisation : l’accès se faisait par un portail voûté en pierre, surmonté des armes de la Religion. Un escalier de pierre menait à une chambre au-dessus du portail, puis à plusieurs autres pièces avec cheminées, avec grenier au-dessus et caves au-dessous. L’ensemble comprenait aussi une grande cour, un cellier, un appentis et une basse-cour.

Rôle et usages du bien

La documentation ne permet pas de présenter Châteauroux comme une commanderie autonome. En revanche, la maison apparaît comme un bien important relevant du réseau templier, devenu plus tard un membre de la commanderie de Lormeteau. Cette nuance est essentielle : la présence du Temple y est certaine, mais la nature exacte de l’établissement doit être formulée avec précision.

Après le transfert des biens du Temple aux Hospitaliers, la maison ne semble pas avoir servi de résidence régulière, mais plutôt de logement pour des receveurs de l’Ordre ou pour des fermiers généraux. Elle servit aussi ponctuellement de lieu de réunion pour les habitants de la ville. En 1704, elle fut affermée par la ville pour servir d’hôtel de ville, avant d’être ensuite louée à des particuliers jusqu’à la Révolution.

Biens et dépendances

La maison du Temple de Châteauroux disposait de dépendances et de revenus qui montrent l’importance de cet ensemble. Les documents mentionnent notamment :

  • dix maisons à Châteauroux ;
  • des locatures, c’est-à-dire de petites exploitations louées ;
  • des terres et des vignes dans les environs de la ville ;
  • un moulin à la Rochegayne, dans la paroisse d’Arthon ;
  • deux moulins à Villaines, sur la commune de Condé ;
  • la métairie de la Rochegayne, avec terres et prés sur la Bouzanne ;
  • des rentes et des dîmes diverses ;
  • la forêt du Temple, encore importante à la fin de l’Ancien Régime.

Après la disparition de l’ordre du Temple

Comme ailleurs, les biens templiers passèrent aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. À Châteauroux, la maison continua donc d’exister dans le temporel de l’Ordre, sans pour autant conserver nécessairement sa fonction initiale. Son histoire postérieure montre surtout une adaptation à des usages administratifs, locatifs et économiques.

État des lieux

Rien ne semble subsister de la maison du Temple primitive, ni même de l’édifice qui l’avait remplacée à l’époque tardive. L’intérêt historique du site tient donc avant tout à la documentation qui atteste une implantation templière ancienne, urbaine et dotée de dépendances notables autour de Châteauroux.

Situer cette implantation

Croix des Templiers – Maison du Temple de Châteauroux