Fief du Temple de Clermont
Repères territoriaux liés
Le lieu désigné sous le nom de Clermont, dans l’actuel département de l’Ain, correspond d’après la documentation conservée à un ancien hameau associé aux possessions du Temple de Laumusse. Malgré le libellé moderne de « moulin du Temple » attaché à la fiche, les éléments fournis décrivent avant tout un fief et un hameau tenu par des seigneurs locaux portant ce nom, puis entré, au moins en partie, dans l’orbite des Templiers au XIIIe siècle. En l’état des données disponibles ici, il vaut donc mieux s’en tenir à cette qualification prudente plutôt que d’y supposer une commanderie ou même un établissement autonome.
Localisation historique
Clermont relevait du secteur de Montrevel-en-Bresse, dans l’arrondissement de Bourg-en-Bresse. Le hameau a aujourd’hui disparu ou, du moins, n’est plus repérable sous ce nom dans la cartographie moderne la plus ancienne mentionnée par le dossier. Il est expressément indiqué qu’il ne figure pas sur la carte de Cassini, ce qui suggère soit un abandon antérieur, soit une absorption toponymique par des lieux voisins.
Sa position n’est donnée que de manière approximative. Le site devait se trouver entre les lieux-dits de La Lèchère, La Forêt, La Curtillere et Le Carouge. Cette indication encadre assez nettement une zone de recherche, mais sans permettre d’identifier avec certitude un bâti, une motte, un moulin ou une exploitation encore conservés sous le nom de Clermont.
Origine seigneuriale et entrée dans le temporel du Temple
La documentation présente Clermont comme un ancien fief porté par une famille de gentilshommes qui en avait pris le nom. Cette donnée est importante, car elle montre que l’origine du bien n’est pas templière : les frères du Temple n’y apparaissent qu’à la suite d’une transmission opérée par les détenteurs laïcs du lieu.
Les premiers personnages explicitement connus sont Robert de Clermont et Humbert de Clermont, qualifiés de frères. En septembre 1236, ils cédèrent aux Templiers de Laumusse ce qu’ils possédaient à Clermont. La formule transmise par le dossier ne détaille pas la nature exacte de chaque bien engagé dans cette donation : il peut s’agir de droits seigneuriaux, de terres, de revenus ou d’une combinaison de ces éléments. Faute d’énumération plus précise, il convient de retenir seulement qu’une part substantielle de leurs possessions de Clermont passa alors à la maison du Temple de Laumusse.
Cette opération n’épuisa pas immédiatement toutes les questions de propriété ou de droits attachés au lieu. En 1250, un autre membre de ce lignage, Gérard de Clermont, intervint pour transiger au sujet de la donation antérieure. Le mot indique l’existence d’un arrangement ou d’un règlement négocié, sans que le dossier permette de dire s’il s’agissait d’un litige formel, d’une contestation successorale ou d’une simple clarification des droits cédés en 1236.
Clermont dans le réseau de Laumusse
Le rattachement de Clermont aux Templiers de Laumusse est le fait central de son histoire connue. Rien, dans les éléments conservés ici, n’autorise à voir à Clermont une maison templière indépendante. Le plus vraisemblable est qu’il s’agissait d’un bien foncier ou féodal dépendant de Laumusse, intégré à la trame des possessions que cette maison détenait dans la Bresse.
Le contexte fourni par les notices voisines va dans ce sens. D’autres lieux du même secteur apparaissent, eux aussi, comme des mas, hameaux ou domaines où les Templiers de Laumusse étaient possessionnés sans qu’il faille y placer une commanderie distincte. Clermont s’inscrit donc dans une logique de maillage territorial : acquisition de droits locaux, insertion dans des tenures préexistantes, puis administration depuis une maison principale.
En revanche, la documentation transmise ici ne décrit ni bâtiment templier, ni chapelle, ni grange, ni moulin en fonctionnement, ni cens, ni dîmes, ni étendue de terres mesurée. Le titre moderne de la fiche évoque un « fief » et les données verrouillées une nature de « moulin du Temple », mais le texte exploitable ne documente clairement que le fief-hameau de Clermont et son passage partiel ou total à Laumusse au XIIIe siècle.
Personnes connues
- Robert de Clermont : coseigneur ou détenteur de droits à Clermont ; donateur aux Templiers de Laumusse en septembre 1236.
- Humbert de Clermont : frère de Robert ; associé à la donation de 1236.
- Gérard de Clermont : intervient en 1250 dans une transaction relative à la donation faite aux Templiers.
Aucun précepteur, commandeur ou frère du Temple n’est nommé pour Clermont dans les pièces ici résumées. Le seul rattachement institutionnel assuré est celui de la maison de Laumusse, bénéficiaire de la donation.
Nature des droits templiers
La formule selon laquelle Robert et Humbert donnèrent aux Templiers « ce qu’ils y possédaient » est large, mais elle demeure trop imprécise pour autoriser une reconstitution détaillée. On peut seulement affirmer que les Templiers reçurent à Clermont des biens ou droits issus du patrimoine de la famille de Clermont. L’emploi du mot fief suggère une dimension seigneuriale, mais le contenu exact de cette seigneurie n’est pas décrit dans le dossier conservé.
La transaction de 1250 montre en tout cas que ces droits avaient une valeur suffisante pour nécessiter une mise au point postérieure. Cela laisse penser que Clermont n’était pas un simple toponyme sans portée économique, mais un bien foncier ou féodal réellement inséré dans les rapports de propriété locaux.
Toponymie et disparition du hameau
Le dossier insiste sur le fait que Clermont n’apparaît pas sur la carte de Cassini. Cette absence est un indice fort de disparition toponymique avant la fin de l’Ancien Régime, ou du moins de déclassement d’un habitat qui n’était plus assez individualisé pour être reporté. Clermont doit donc être considéré comme un site perdu ou absorbé par d’autres dénominations locales.
Le souvenir du lieu s’est maintenu au moins dans les archives de Laumusse, puisqu’un inventaire manuscrit dressé en 1627 en conservait encore la mémoire. Cette survivance archivistique est précieuse : elle montre qu’au XVIIe siècle, le nom restait suffisamment intelligible dans la gestion des titres pour être inscrit dans les inventaires, alors même que le hameau n’était plus clairement visible dans la géographie ultérieure.
Les repères donnés — La Lèchère, La Forêt, La Curtillere, Le Carouge — constituent les seuls jalons concrets pour replacer Clermont dans le paysage ancien. Ils indiquent moins un centre bâti conservé qu’une zone de localisation dans laquelle se trouvait autrefois ce fief.
Après la disparition de l’Ordre du Temple
Aucun élément explicite n’est fourni ici sur le devenir de Clermont après la suppression de l’Ordre du Temple au début du XIVe siècle. Comme le lieu dépendait de Laumusse, il est possible qu’il ait suivi le sort général des biens templiers passés aux Hospitaliers, mais cette conséquence n’est pas directement attestée dans les extraits disponibles pour Clermont lui-même. Il est donc préférable de ne pas aller plus loin sur ce point.
État du dossier
La notice de Clermont repose sur peu d’actes nommés, mais ceux-ci sont nets : une donation en septembre 1236 par Robert et Humbert de Clermont aux Templiers de Laumusse, puis une transaction en 1250 avec Gérard de Clermont. À travers eux se dessine l’histoire d’un fief seigneurial local passé dans le temporel templier, non celle d’une commanderie de plein exercice. Le lieu paraît ensuite s’effacer du paysage, tout en demeurant conservé dans la mémoire des titres anciens de Laumusse.
Situer cette implantation
