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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Maison du Temple de la Coëffrie

La Coëffrie, maison du Temple puis membre de la commanderie de Carentoir

La Coëffrie désigne un établissement templier attesté dans l’ancienne paroisse de Messac, aujourd’hui sur le territoire de Guipry-Messac, en Ille-et-Vilaine. Malgré son classement documentaire ancien sous le département 56, le lieu relevait bien de la région de Messac et du pays de la Mée. Il ne faut donc pas transférer ce site dans le Morbihan en raison d’un simple voisinage avec la commanderie de Carentoir.

Origine et attestation du lieu

L’existence de la maison du Temple de la Coëffrie est rattachée à une donation confirmée en 1217 par le duc Pierre Mauclerc et Alix de Bretagne. Cette confirmation mentionne une villa située dans le pays de la Mée, généralement tenue pour l’origine de l’établissement de la Coëffrie. La prudence reste toutefois nécessaire sur ce point : l’identification est donnée comme probable, mais elle s’accorde avec l’implantation du site dans la paroisse de Messac.

La Coëffrie constitue donc une présence templière réelle et documentée. Il ne s’agit pas d’un simple toponyme isolé ni d’une attribution hypothétique sans base historique.

Nature du bien et importance du site

Le lieu correspond à une maison du Temple disposant d’un manoir et d’un ensemble foncier organisé. Les textes anciens montrent qu’il ne faut pas réduire la Coëffrie à une simple mention de dépendance sans consistance : le site formait un établissement doté de terres, d’une chapelle et de moulins, avec une place notable dans l’organisation seigneuriale et religieuse du secteur.

Après les ruines subies par d’autres résidences hospitalières à la fin du XVIe siècle, la Coëffrie prit même une importance particulière puisque le commandeur de Carentoir y fixa sa résidence au début du XVIIe siècle. Le lieu fut dès lors le séjour ordinaire de plusieurs commandeurs jusqu’à la Révolution.

Biens, revenus et éléments d’exploitation

Les descriptions conservées pour l’époque moderne permettent de cerner la composition du domaine. La Coëffrie comprenait autour du manoir des cours, jardins, prairies et bois. Une chapelle se trouvait auprès de la maison, et les oblations qui y étaient faites revenaient au commandeur.

Le domaine possédait également un moulin à grain avec son étang, ainsi qu’un moulin à fouler les draps. Ces éléments montrent une exploitation diversifiée, associant ressources agricoles, maîtrise de l’eau et activités de transformation.

Des revenus complémentaires étaient attachés au lieu, notamment sous forme de pensions en grain et de redevances seigneuriales. L’ensemble confirme que la Coëffrie n’était pas une simple dépendance nominale, mais un membre utile et productif du patrimoine templier puis hospitalier.

Devenir après la suppression de l’Ordre du Temple

Après la suppression de l’Ordre du Temple en 1312, la Coëffrie passa aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Elle fut alors réunie à la commanderie du Temple de Carentoir, rattachement déjà constaté à la fin du XIVe siècle.

Ce changement ne fit pas disparaître le site. Au contraire, la Coëffrie continua d’être exploitée et administrée dans le cadre hospitalier. Son manoir devint même un centre de résidence pour les commandeurs lorsque d’autres maisons eurent été ruinées par les troubles de la fin du XVIe siècle.

Traces historiques du lieu

La documentation ancienne conserve le souvenir d’une maison seigneuriale, d’une chapelle et de moulins au voisinage immédiat du manoir. La Coëffrie apparaît ainsi comme un établissement durable, passé des Templiers aux Hospitaliers sans rupture de fonction foncière.

Le site correspond aujourd’hui à une propriété privée. Cette situation actuelle ne change rien à son intérêt historique : la Coëffrie demeure un lieu bien attesté de la présence templière en Haute-Bretagne, puis de sa reprise par les Hospitaliers.

Situer cette implantation

Croix des Templiers – Maison du Temple de la Coëffrie