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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Maison du Temple de La Boissière

Un domaine templier établi aux abords de Châteaudun

La Boissière correspond à un bien du Temple situé dans l’actuel département d’Eure-et-Loir, dans les environs de Châteaudun, du côté des Raffaux et de la paroisse Saint-Valérien, sur le territoire de l’actuelle commune de Saint-Denis-les-Ponts. Les documents ne décrivent pas ici une simple mention toponymique isolée, mais bien une implantation templière réelle, liée à un domaine et à une maison.

Origine et attestation de la maison de la Boissière

La présence des Templiers à la Boissière est solidement attestée à la fin du XIIe siècle. Les textes rappellent d’abord les libéralités consenties aux frères dans Châteaudun même, notamment une maison et des vignes données en 1181 par Geoffroy de Lisle, donation ensuite confirmée par le comte de Blois.

À proximité immédiate de la ville, les Templiers s’implantèrent à la Boissière, dans un secteur jugé stratégique au bord du Loir et au pied du coteau. Le moulin de la Boissière leur fut donné en 1190 par le comte Thibaud de Blois. Cette possession paraît avoir servi de point d’appui à leur établissement local, puisque quelques années plus tard la maison est déjà en activité.

En 1198, plusieurs frères de la Boissière assistent ainsi à un acte concernant une vigne voisine. Cette mention montre qu’il ne s’agissait pas d’un simple droit seigneurial abstrait, mais d’un établissement où résidaient alors plusieurs membres de l’ordre.

Biens, revenus et assise économique

La Boissière doit être qualifiée avec prudence comme une maison ou un domaine du Temple, et non comme une commanderie autonome établie avec certitude par les seuls documents fournis ici. Son assise économique reposait sur un ensemble de rentes, de terres, de prés, de grains et de revenus liés à un moulin.

Les textes signalent en particulier :

  • le moulin de la Boissière, donné à la fin du XIIe siècle ;
  • des terres affermées et des revenus en argent perçus en plusieurs lieux ;
  • des rentes en grains, comprenant notamment blé et avoine ;
  • des prés attachés à la maison ;
  • des droits et revenus urbains à Châteaudun, issus de maisons, de cens et d’autres redevances.

Au XIVe siècle, la maison de la Boissière apparaît encore comme un membre de la baillie du pays chartrain. Une enquête de 1373 lui attribue des revenus composés de cens, rentes, fermes de moulin, terres affermées, revenus en grain et prés, ce qui confirme la continuité et la consistance économique de ce bien après la disparition de l’ordre du Temple.

Donations et acquisitions connues

Autour de Châteaudun, les Templiers bénéficièrent de plusieurs donations qui éclairent le développement de la Boissière et de ses intérêts locaux. Outre la maison et les vignes reçues de Geoffroy de Lisle en 1181, ils acquirent ou reçurent au XIIIe siècle diverses possessions urbaines dans la ville, notamment rue de l’Aiguillerie.

En 1207, Jodoin Tresiau leur concéda un droit de cens sur une maison de cette rue. En 1233, ils acquirent encore un cens sur une autre maison de la même rue. En 1286, une nouvelle maison y est mentionnée dans une reconnaissance de rente. D’autres revenus leur provenaient aussi du marché aux harengs de Châteaudun.

Ces éléments ne doivent pas être déplacés ni attribués à tort à une autre localité : ils témoignent du réseau de biens que les Templiers possédaient dans l’environnement immédiat de Châteaudun, en relation avec la maison de la Boissière.

Personnes et frères mentionnés

La documentation conserve le nom de plusieurs hommes liés à l’histoire du lieu. Parmi les bienfaiteurs et intervenants figurent notamment Geoffroy de Lisle, le comte Thibaud de Blois, Louis de Blois, Jodoin Tresiau, Guillaume Petit-Guyot, Agnès, Girard Le Chat et divers seigneurs confirmant ou abandonnant leurs droits sur les biens cédés aux Templiers.

Pour la vie interne de la maison, un acte de 1198 cite plusieurs frères présents à la Boissière, ce qui atteste un établissement effectivement occupé. Les pièces relatives au procès de l’ordre mentionnent également la maison de la Boissière, où un frère originaire de Châteaudun aurait été reçu vers 1285 dans la chapelle de la maison.

Rattachement et place dans l’organisation hospitalière

Après la suppression de l’ordre du Temple, la Boissière passa, comme les autres biens templiers, aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Les documents postérieurs la montrent intégrée parmi les maisons relevant de l’ensemble de Sours, dans le pays chartrain.

La Boissière figure en effet parmi les membres attachés à cette commanderie. Cette situation confirme l’existence d’une maison templière réelle, mais invite aussi à distinguer soigneusement la maison de la Boissière du statut de chef-lieu de commanderie, qui n’est pas ce que démontrent prioritairement les pièces ici retenues.

Ce que l’on peut retenir historiquement

La Boissière n’est donc pas un lieu hypothétique ni une simple tradition locale. Les documents internes établissent l’existence d’un domaine du Temple aux abords de Châteaudun, appuyé sur une maison, un moulin et plusieurs revenus fonciers et urbains. La présence templière y est certaine dès la fin du XIIe siècle et se prolonge ensuite dans les structures hospitalières.

Il convient enfin de ne pas réduire ce lieu à une commanderie indépendante sans preuve explicite, mais il serait tout aussi erroné d’y nier l’implantation templière : celle-ci est bien attestée par les actes et par les mentions de la maison de la Boissière dans l’organisation des biens du Temple puis de l’Hôpital.

Situer cette implantation

Croix des Templiers – Maison du Temple de La Boissière