Seigneurie du Temple de Saugirard
Repères territoriaux liés
Saugirard désigne une possession templière attestée en Sologne, dans l’actuelle commune de Pruniers-en-Sologne, dans le Loir-et-Cher. La documentation ne décrit pas ici une commanderie autonome, mais bien une terre et seigneurie relevant du temporel du Temple, avec maison, chapelle, revenus et droits seigneuriaux.
Localisation historique
Le lieu est situé dans le département actuel de Loir-et-Cher, dans le secteur de Romorantin et sur les bords de la Sauldre. Les textes anciens emploient la forme latine apud Saltum Girardi, qui correspond à Saugirard.
Origine et attestation de la présence templière
Au XIIe siècle, la terre et seigneurie de Saugirard étaient possédées en commun par les Templiers et le seigneur Étienne Bochard de Selles. Cette situation évolua lorsque ce dernier, au moment de son entrée dans l’Ordre du Temple, abandonna aux frères tout ce qu’il détenait à Saugirard, par un acte daté de 1177.
Cette mention établit clairement une présence templière effective sur le lieu dès la seconde moitié du XIIe siècle. Il ne s’agit donc pas d’un simple rapprochement toponymique, mais d’un bien seigneurial réellement tenu par le Temple.
Biens, revenus et droits seigneuriaux
La documentation montre que Saugirard formait un domaine structuré. Les Templiers y détenaient notamment une part de la dîme. Une partie de cette dîme leur avait été cédée en 1220 par Odomet le Roux, contre une compensation en argent et en bétail.
Le domaine est mieux décrit plus tard, lorsqu’il est passé aux Hospitaliers. En 1456, il comprenait :
- une maison située sur les bords de la Sauldre ;
- une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste ;
- deux moulins à blé sur la rivière ;
- un pressoir ;
- un clos de vigne de soixante hommées ;
- des prés, des terres labourables et des pâturages ;
- divers droits de justice et de seigneurie.
Ces éléments montrent que Saugirard n’était pas seulement le siège d’une chapelle, mais un ensemble foncier et seigneurial complet, associant exploitation agricole, équipement meunier et prérogatives de justice.
Donations et acquisitions connues
Deux faits ressortent nettement de la documentation conservée :
- la cession par Étienne Bochard de Selles, en 1177, de ses droits à Saugirard après son entrée dans l’Ordre du Temple ;
- l’acquisition d’une partie de la dîme de Saugirard en 1220, à la suite d’une concession d’Odomet le Roux.
Ces actes illustrent la manière dont le domaine s’est consolidé, à la fois par abandon seigneurial et par élargissement des revenus ecclésiastiques.
Devenir après la disparition de l’Ordre du Temple
Après la suppression de l’Ordre du Temple au début du XIVe siècle, Saugirard passa, comme d’autres biens templiers, aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Le domaine est explicitement signalé entre leurs mains au XVe siècle.
À l’époque moderne, Saugirard conservait encore une valeur foncière et seigneuriale. Son revenu est indiqué à 200 livres tournois au milieu du XVIIIe siècle, puis à 145 livres à la fin de l’Ancien Régime, signe d’un bien toujours identifié, bien que d’un rendement alors plus modeste.
Nature du site
La présence d’une chapelle à Saugirard est bien attestée, mais elle s’inscrit dans un ensemble plus large. Le lieu doit donc être compris comme une seigneurie templière comportant une maison et une chapelle, et non comme une simple chapelle isolée. En l’état des informations disponibles, rien n’autorise à en faire une commanderie indépendante.
Situer cette implantation
