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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Domaine des Templiers de la Romagne à Poiseul

Localisation et identification

Repères territoriaux liés

Le bien retenu à Poiseul est un domaine du Temple, rattaché au réseau de la Romagne. La documentation disponible ne décrit ni une commanderie autonome, ni une maison, ni une chapelle templière distincte en ce lieu. Elle atteste plus précisément une possession de nature seigneuriale et fiscale, fondée sur des droits de dîmes.

Poiseul est situé dans l’actuel département de la Haute-Marne, dans l’arrondissement de Langres et le canton de Neuilly-l’Évêque. Les formes anciennes du nom montrent la continuité de l’identification du lieu à travers les siècles : In pago Lingonico, inter Bannam et Pausam villas en 909, Poisues en 1256, Putheolum au XIVe siècle, Poiseulx en 1417, Pouseux en 1436, Poisseulx en 1448, Poyseulx en 1498, Poiseux en 1588, puis Poiseul en 1675 et Poiseul-l’Évesque au XVIIIe siècle.

La possession templière

Pour Poiseul, l’information essentielle est claire : les Templiers de la Romagne y possédaient des droits de dîmes. Cette mention établit bien une présence templière documentée, mais sous une forme précise qu’il ne faut pas étendre au-delà de ce que permettent les textes. Il s’agit d’un droit portant sur les revenus ecclésiastiques ou agraires du lieu, non de la preuve d’un établissement conventuel important ni de bâtiments templiers identifiés.

La notice doit donc être comprise comme celle d’un domaine relevant de la mouvance de la maison de la Romagne, dont la réalité économique à Poiseul passait par la perception de dîmes. Cette forme de possession s’insère dans un ensemble plus large de biens dispersés dépendant de la Romagne, connus ailleurs par des rentes, des cens, quelques terres ou de petites exploitations. Pour Poiseul cependant, le seul élément fermement établi est celui des dîmes.

Cadre historique du lieu

L’ancienneté de Poiseul est assurée par une mention dès 909, ce qui ancre le site dans la longue durée du pays lingon. Les formes médiévales et modernes du toponyme montrent un lieu durablement reconnu dans les sources, sans que ces mentions successives prouvent par elles-mêmes une extension particulière des droits templiers. Elles permettent surtout de suivre l’identité du village et d’éviter toute confusion avec un homonyme ou avec une implantation voisine.

La documentation conservée ne précise ni la date d’acquisition de ces droits de dîmes par les Templiers de la Romagne, ni leur mode d’entrée en possession, ni leur quotité exacte. Elle ne nomme pas non plus de frère du Temple spécialement attaché à Poiseul. En l’état, la prudence impose donc de s’en tenir à l’existence d’un droit économique sur le lieu, sans transformer ce dossier en commanderie ou en établissement résidentiel.

Organisation religieuse et administrative du village

À la fin de l’Ancien Régime, Poiseul relevait de la province de Champagne, du bailliage de Langres, par démembrement de celui de Chaumont, de la prévôté de Montigny-le-Roi et de l’élection de Langres. Cette situation tardive n’éclaire pas directement la période templière, mais elle replace le lieu dans son cadre administratif traditionnel.

L’église de Poiseul était dédiée à saint Loup. Elle était succursale de Neuilly-l’Évêque, dans le diocèse de Langres et le doyenné du Moge. Il est également indiqué qu’elle aurait été antérieurement paroissiale et à la collation de l’évêque. Ces données concernent l’histoire ecclésiastique du village ; elles ne doivent pas être confondues avec les droits détenus par les Templiers. La présence de dîmes templières ne signifie pas que l’église ait été une église de l’Ordre ni que la cure lui ait appartenu.

Après la suppression de l’Ordre

Les documents réunis ici ne donnent pas, pour Poiseul, de mention explicite sur le devenir de ces droits après la suppression de l’ordre du Temple en 1312. Compte tenu du rattachement de ce bien au réseau de la Romagne, il est seulement possible d’affirmer que Poiseul entrait dans l’orbite d’une possession templière documentée avant cette date. En l’absence d’acte particulier fourni pour ce lieu, il convient de ne pas aller plus loin.

Portée de la notice

Poiseul ne doit donc pas être présenté comme une commanderie templière, ni comme une maison du Temple individualisée. La documentation permet de retenir un domaine du Temple au sens d’un bien dépendant de la Romagne, caractérisé à Poiseul par des droits de dîmes. C’est cette qualification, limitée mais certaine, qui rend compte le plus fidèlement de la présence templière dans ce lieu.

Situer cette implantation

Croix des Templiers – Domaine des Templiers de la Romagne à Poiseul