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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Seigneurie du Temple d’Alléré

Une seigneurie templière relevant d’Ivry

Repères territoriaux liés

Alléré correspond bien à une possession de l’Ordre du Temple dans l’Oise, rattachée à la commanderie d’Ivry. Il ne s’agit pas, d’après les éléments conservés, d’une commanderie autonome, mais d’une terre et seigneurie dépendant du chef-lieu templier voisin.

Localisation historique

La seigneurie d’Alléré était située entre Ivry et Neuville-Bosc, à faible distance du chef-lieu de la commanderie d’Ivry. Le libellé documentaire la place dans l’actuelle commune de Neuville-Bosc, dans le département de l’Oise.

Nature du bien

Les documents décrivent à Alléré un véritable domaine seigneurial. Il comprenait une maison seigneuriale avec basse-cour, placée dans un enclos de huit arpents aboutissant à la grande rue et longeant le chemin menant à Neuville-Bosc. À cet ensemble s’ajoutait une soixantaine d’arpents de terres labourables.

Cette qualification de seigneurie est importante : la présence templière y est donc clairement attestée, mais elle ne doit pas être confondue avec l’existence d’une maison du Temple indépendante.

Acquisitions et donations au XIIIe siècle

Les Templiers possédaient déjà des biens à Alléré avant les grandes donations de 1285. Ils y détenaient notamment le bois de Chenaie, situé entre Ivry et Alléré, acquis en 1260 et 1261 auprès de Raoul d’Alléré et d’un nommé Pierre Josse.

La seigneurie fut ensuite renforcée par plusieurs transferts importants :

  • en octobre 1285, Jean, seigneur d’Alléré, donna aux Templiers d’Ivry tout ce qu’il possédait à Alléré, en biens immeubles, cens, champart, ainsi que la douzième partie de la communauté d’Alléré ;
  • en décembre 1285, Raoul d’Alléré leur donna à son tour ce qu’il possédait à Alléré et à Cresnes, y compris son manoir, ses jardins, trente-trois arpents de terre arable, ainsi que la moitié de la communauté d’Alléré avec cinq fiefs.

Droits seigneuriaux

Le commandeur exerçait à Alléré la haute, moyenne et basse justice. Il percevait également un cens annuel de dix livres sur ceux qui demeuraient détenteurs d’une partie de la seigneurie.

Cette situation montre que les Templiers, puis leurs successeurs, ne tenaient pas seulement des terres isolées, mais disposaient de droits seigneuriaux pleinement reconnus sur le lieu.

Conflits et consolidation de la seigneurie

À la fin du XVIe siècle, des difficultés opposèrent la commanderie aux détenteurs d’une partie des droits seigneuriaux, notamment Pierre et Charles d’Alléré, qui refusèrent en 1588 de payer le cens dû. Une décision judiciaire, confirmée par le parlement de Paris, les condamna à continuer ce paiement.

En 1632, le commandeur d’Ivry fit racheter les droits et parts des copropriétaires de la seigneurie, afin de demeurer seul seigneur et haut-justicier d’Alléré.

Place d’Alléré dans l’ensemble d’Ivry

Alléré apparaît comme l’un des membres de la commanderie d’Ivry au temps des Templiers. La terre et seigneurie d’Alléré dépendaient donc d’un ensemble plus vaste dont Ivry formait le centre.

Revenus connus à l’époque moderne

Les revenus de la terre d’Alléré sont signalés à plusieurs dates. Ils étaient de 190 livres en 1757 et de 600 livres en 1782, ce qui témoigne de la persistance économique de cette seigneurie dans la longue durée.

Situer cette implantation

Croix des Templiers – Seigneurie du Temple d'Alléré