Un fief templier relevant de Lagny-le-Sec
Repères territoriaux liés
Chantemerle, rattaché à Lagny-le-Sec dans l’actuel département de l’Oise, correspond bien à une possession templière attestée. Les documents décrivent non une commanderie autonome, mais une maison avec les terres qui en dépendaient, tenue comme un fief relevant de la maison du Temple de Lagny-le-Sec.
Localisation historique
Le lieu est signalé dans le ressort de Lagny-le-Sec, dans l’ancien canton de Nanteuil-le-Haudouin, arrondissement de Senlis. Les formes anciennes du nom varient selon les actes, ce qui invite à la prudence, mais elles renvoient au même ensemble seigneurial de Chantemerle.
Attestation au XIIIe siècle
Au XIIIe siècle, la maison de Chantemerle et les terres qui en dépendaient formaient un fief relevant du commandeur de Lagny-le-Sec. Ce bien était alors partagé pour sa mouvance entre les Templiers et Hugues de Pomponne.
En juin 1232, Simon de Poissy abandonna à l’Ordre du Temple la maison de Chantemerle. La transaction fut confirmée la même année devant Guillaume, évêque de Paris. Il y fut rappelé que Simon de Marolles, chanoine de Meaux, ratifia la vente faite par Simon de Poissy et Isabelle, son épouse, d’une maison appelée Chantemerle, sur laquelle sa famille détenait des rentes.
Donations et droits réunis sur le lieu
Le même jour que la cession de Simon de Poissy, Jean de Nanteuil, chevalier, et Marguerite, sa femme, abandonnèrent aux Templiers tout ce qu’ils possédaient à Chantemerle. Ces opérations montrent une volonté de réunir entre les mains de l’Ordre des droits jusque-là dispersés sur le site.
Nature du bien et exploitation
Chantemerle doit être compris comme un membre foncier dépendant de Lagny-le-Sec. La documentation mentionne une maison et des terres, sans permettre d’en faire une commanderie distincte. Il s’agissait d’un ensemble rural relevant de l’économie domaniale templière, ensuite intégré à l’administration hospitalière.
État du domaine à la fin du Moyen Âge
Lors d’une visite prieurale de 1456, Chantemerle est décrit comme un membre appartenant à la commanderie de Lagny-le-Sec, alors en ruine du fait des guerres. Le rapport signale environ trois cents arpents de terre, dont la plus grande partie était ruinée, et un affermage de faible rapport. Cette mention montre que le lieu subsistait encore comme dépendance foncière, mais dans un état très dégradé.
Devenir sous les Hospitaliers
Après la disparition de l’Ordre du Temple, le bien passa comme les autres possessions de ce type aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Les terres de Chantemerle, portées plus tard à 480 arpents, furent réunies au domaine de Lagny-le-Sec. La maison elle-même avait disparu à l’époque moderne, et rien n’indique qu’elle ait été rétablie après les destructions de la fin du Moyen Âge.
À retenir
- Chantemerle est une possession templière attestée dans l’Oise.
- Il s’agit d’une maison avec terres, tenue en fief, et non d’une commanderie autonome prouvée.
- Le site est documenté par des actes de 1232 et encore mentionné comme membre ruiné de Lagny-le-Sec en 1456.
- Le domaine fut ensuite absorbé dans l’ensemble hospitalier de Lagny-le-Sec.
Situer cette implantation
