Maison du Temple de Waben
Repères territoriaux liés
La maison du Temple de Waben correspond à un établissement templier attesté dans le secteur de Waben, en lien avec l’actuelle commune de Conchil-le-Temple, dans le Pas-de-Calais. Les textes la désignent aussi sous la forme de Temple-lès-Waben ou Temple-lez-Waben. Il ne s’agit pas ici d’une simple mention toponymique incertaine : les documents décrivent bien une maison du Temple et le domaine qui en dépendait.
Localisation historique
La maison se trouvait au lieu-dit appelé la Commanderie, écart de Conchil-le-Temple, entre Waben et Montreuil. D’anciens terriers la placent entre deux chemins, l’un conduisant à Waben, l’autre à Montreuil. Cette implantation explique que le site soit tantôt rattaché à Waben par son nom historique, tantôt à Conchil-le-Temple par sa situation communale.
Attestation au début du XIIIe siècle
L’existence de la maison paraît remonter au début du XIIIe siècle. Un texte de 1225-1226 relatif aux hommes de la commune de Waben, avec exception pour ceux relevant du Temple, laisse entendre qu’un établissement templier était déjà en place à cette époque. La documentation ne permet toutefois pas d’en reconstituer précisément les débuts ni les circonstances de sa fondation.
Domaine et revenus
Après la suppression de l’Ordre du Temple, les biens passèrent aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Pour l’année 1373, le domaine de Temple-lès-Waben est décrit comme comprenant 60 journaux de terres cultivées, 700 journaux de terres de faible rapport, ainsi que deux bois, désignés comme le bois de la Servelle et le bois du Temple, pour une contenance totale de 124 journaux.
L’ensemble comprenait également un moulin, un four banal et des rentes. Ces éléments montrent qu’il s’agissait d’un domaine rural structuré, avec des équipements seigneuriaux et des ressources diversifiées. Les documents ne justifient pas d’élever automatiquement ce site au rang de commanderie autonome templière ; ils attestent en revanche sans ambiguïté une maison et un domaine relevant du Temple.
Personne connue
Le dernier précepteur connu de la maison est Jean de Juvigny, qualifié de frère sergent. Il est mentionné lors de la procédure intentée contre les Templiers au début du XIVe siècle. Interrogé une première fois en 1308, il comparut de nouveau à Paris en 1310. Sa déposition confirme que la maison de Waben existait encore comme entité reconnue à la veille de la disparition de l’Ordre.
Devenir après la suppression du Temple
Comme d’autres biens templiers du secteur, la maison de Waben passa aux Hospitaliers. Elle apparaît ensuite comme un membre rattaché à l’organisation hospitalière régionale. Au milieu du XIVe siècle, les successeurs des Templiers eurent à défendre sur place certains droits seigneuriaux contestés.
À la fin du XVe siècle, le site avait souffert des guerres. La chapelle avait été brûlée puis refaite, la maison était en état d’usage, tandis que d’autres bâtiments avaient dû être réparés ou reconstruits. Les mentions conservées montrent donc la continuité d’exploitation du lieu après 1312, malgré les destructions.
Toponymie et mémoire du lieu
Le souvenir de l’établissement s’est conservé dans le nom de la Commanderie et dans les formes anciennes Temple-lès-Waben ou Temple-lez-Waben. Cette permanence toponymique s’accorde avec la documentation ancienne, qui situe clairement la maison du Temple dans cet espace compris entre Waben et Conchil-le-Temple.
Situer cette implantation
