Maison du Temple du Bois-Hibou
Repères territoriaux liés
Le Bois-Hibou désigne un établissement templier situé dans l’actuelle commune de Saint-Vincent-des-Bois, dans l’Eure, à proximité de Vernon. Les documents conservés montrent qu’il ne s’agissait pas d’une simple mention toponymique, mais bien d’une maison du Temple disposant d’un domaine foncier et de droits seigneuriaux.
Localisation historique
La maison du Temple du Bois-Hibou était implantée sur la paroisse de Saint-Vincent-des-Bois, dans le département actuel de l’Eure. Elle se trouvait sur le chemin conduisant vers Pacy-sur-Eure. Le lieu relevait d’un fief noble.
Origine et premières attestations
La fondation de l’établissement paraît remonter au milieu du XIIIe siècle. La présence templière dans ce secteur est attestée dès les années 1230 par plusieurs donations faites au profit de l’Ordre.
En 1231, Jean de Saint-Vincent, prêtre, donna aux Templiers le droit de patronage de l’église de Saint-Vincent. Quelques années plus tard, en 1235, Raoul le Flamand, seigneur du lieu, leur concéda le champ de Bordigny et de la Perruche, situé dans la même paroisse.
Une attestation plus explicite apparaît ensuite dans un acte de la seconde moitié du XIIIe siècle : Richard de Gomont abandonna à la maison et aux frères du Temple du Bois-Hibou un demi-arpent de vigne à la treille de Bussard, voisin de la vigne du Temple. Cette mention montre qu’une maison templière existait alors de manière certaine au Bois-Hibou.
Le domaine et son exploitation
Le Bois-Hibou formait un domaine rural organisé autour d’une maison et de terres exploitées pour le compte de l’Ordre. Les textes de la fin du XVe siècle permettent d’en entrevoir l’état après les troubles de la guerre de Cent Ans.
En 1481, la superficie des terres est indiquée à environ soixante acres. Cette même année, un acte enregistre le renoncement de fermiers qui avaient pris à bail la maison du Bois-Hibou, signe d’une exploitation encore difficile. Les documents postérieurs confirment que le domaine avait souffert durablement : une partie des terres était retournée en friche ou gagnée par le bois, tandis que les surfaces cultivables paraissent réduites.
Un aveu de 1488 mentionne ainsi des terres « accrues en bois » à Saint-Vincent-des-Bois. En 1495, il est indiqué que la censive du Bois-Hibou ne comptait plus que peu de terres labourables, avec sept arpents de prés, le reste étant en bois. Les vignes signalées au XIIIe siècle avaient alors disparu.
Droits et possessions
Outre les terres du domaine, le Bois-Hibou comportait des droits seigneuriaux. Le patronage de l’église de Saint-Vincent figure parmi les éléments les plus nets de cette implantation. Plus tard, le commandeur de Bourgoult exerça, à cause du fief du Bois-Hibou, le patronage et la collation de la cure de Saint-Vincent.
Devenir de l’établissement
La maison elle-même ne subsista pas durablement. Les textes anciens indiquent qu’elle fut détruite ou démolie au XVe siècle. Après cette disparition, le site continua d’exister avant tout comme domaine foncier, composé de terres et de droits attachés au fief.
Le Bois-Hibou doit donc être compris comme une véritable implantation templière attestée, et non comme une simple tradition locale. En revanche, les sources disponibles invitent à la prudence sur la description précise de ses bâtiments primitifs, mal documentés pour la période médiévale centrale.
Toponymie et mémoire du lieu
Le nom de Bois-Hibou, conservé par la documentation ancienne, a maintenu le souvenir de cet établissement. Les formes relevées dans les textes médiévaux et modernes témoignent de la permanence du lieu dans l’organisation foncière locale, même après la disparition de la maison elle-même.
Situer cette implantation
