Maison du Temple de Chanu
Repères territoriaux liés
Chanu désigne une implantation templière attestée dans l’actuelle commune de Villiers-en-Désoeuvré, dans l’Eure. La documentation disponible permet d’y reconnaître un domaine du Temple devenu par la suite le centre d’un ensemble plus large administré par les Hospitaliers.
Localisation historique
Le lieu de Chanu relevait du pays d’Évreux, dans le secteur de Pacy-sur-Eure. Les terres mentionnées pour cette maison s’étendaient au moins sur les territoires de Villiers-en-Désoeuvré et de Bueil. Il s’agit donc d’un établissement foncier bien localisé, et non d’un simple toponyme isolé.
Une maison du Temple attestée
La présence templière à Chanu est clairement attestée. Les textes signalent une maison du Temple à laquelle appartenait un domaine agricole. La qualification de domaine ne doit pas faire oublier qu’il s’agissait aussi d’un siège de gestion locale, autour duquel s’organisaient terres, droits et dépendances.
Terres et économie
Au XIVe siècle, le domaine de Chanu comprenait un important ensemble de terres labourables. Le revenu connu pour l’année 1373 montre cependant une maison fortement affaiblie, en raison des destructions et des ruines provoquées par la guerre. Le domaine comptait alors environ 160 arpents de terre, dont le rapport restait modeste.
Cette indication montre que Chanu reposait avant tout sur une base agricole. Les terres dépendaient d’une exploitation en labour, avec au moins deux charrues mentionnées dans l’état des biens.
Acquisitions connues
Une partie des biens de Chanu fut acquise par les Templiers dans la première moitié du XIIIe siècle. Une opération datée d’avril 1239 mentionne la confirmation d’une vente consentie aux Templiers par Jean des Essarts, chevalier, pour des terres situées sur le territoire de Bueil. Cet ensemble comprenait plusieurs parcelles de terre à semence réparties en différents lieux-dits du voisinage de Villiers.
Ces acquisitions montrent que la maison de Chanu ne se limitait pas au seul village, mais s’appuyait sur un patrimoine foncier dispersé et structuré.
Chapelle et seigneurie
À la fin du XVe siècle, Chanu possédait une chapelle dédiée à Notre-Dame du Temple, desservie régulièrement. La documentation signale également la présence, auprès de cette chapelle et dans le village, de la maison de la commanderie, alors reconstruite.
Les Hospitaliers y exerçaient en outre des droits seigneuriaux importants. Le commandeur détenait la justice sur le village, dont les habitants relevaient de cette seigneurie. Chanu apparaît ainsi comme un établissement à la fois foncier, religieux et administratif.
Dépendances et évolution après la suppression de l’Ordre du Temple
Après le transfert des biens du Temple à l’Hôpital, Chanu passa sous administration hospitalière. Lors de cette prise de possession, la maison d’Heurgeville est signalée comme son seul membre connu. Par la suite, afin d’en renforcer les revenus, les Hospitaliers y réunirent d’autres établissements, notamment Prunay, puis plus tard la Haye-du-Val-Saint-Denis et Fontaine-la-Cado, appelée ensuite Fontaine-Heudebourg.
De ces réunions successives naquit un ensemble dont Chanu demeura le chef-lieu de baillie. Cette évolution appartient toutefois à l’histoire hospitalière du lieu et ne doit pas être projetée sans nuance sur la période templière initiale.
État des sources anciennes
Au XVIIIe siècle encore, il était signalé qu’une partie des anciens titres de la maison avait disparu. Cette situation explique que l’histoire primitive de Chanu soit incomplètement documentée. Elle n’empêche pas de constater l’existence certaine d’un établissement templier, de son domaine, de ses terres et de son rôle durable dans l’organisation locale des biens passés ensuite aux Hospitaliers.
Situer cette implantation
