La Cabanne, maison du Temple et chapelle attestée à Saint-Georges-du-Bois
Repères territoriaux liés
La Cabanne, dans l’actuelle commune de Saint-Georges-du-Bois en Charente-Maritime, correspond non à une simple mention toponymique isolée, mais à une maison du Temple attestée dans la documentation ancienne. Le lieu relève ensuite des Hospitaliers et dépend, au XIVe siècle, de la commanderie du Temple de La Rochelle.
Localisation historique
Le site est situé dans le département de la Charente-Maritime, dans l’ancien ressort de Rochefort et du canton de Surgères, sur le territoire de la commune de Saint-Georges-du-Bois. Les formes La Cabanne et La Cabane apparaissent dans la documentation.
Origine et statut du lieu
Les textes conservés ne permettent pas d’attribuer avec certitude la fondation de la maison ni au Temple ni à l’Hôpital. En revanche, la documentation permet bien d’identifier La Cabanne comme une maison templière, et non comme une commanderie autonome.
Cette nuance est importante : le lieu doit être compris comme un établissement relevant du réseau templier régional, puis hospitalier, sans qu’il faille lui donner un rang qu’aucun texte ne confirme.
Une maison rurale dépendant de La Rochelle
Au XIVe siècle, La Cabanne dépend de la commanderie du Temple de La Rochelle. En 1373, la maison est dirigée par un frère prêtre, Jean Regnon, âgé d’environ quarante ans, qui y réside avec un domestique et une servante. Ce simple tableau montre qu’il s’agit alors d’un établissement vivant, exploité et administré sur place.
Les revenus décrits à cette date révèlent toutefois une maison affaiblie par les troubles du temps. Les rentes en argent ont fortement diminué, tout comme les revenus en grain. Une partie des terres est dite inculte et envahie par les broussailles, signe d’un terroir touché par les guerres et par le recul de l’exploitation agricole.
Possessions et économie
La Cabanne possède des terres cultivées, des prés, des rentes en grain, en argent et en vin. Malgré la dégradation générale, l’exploitation conserve encore une production céréalière, des ressources fourragères et des revenus tirés du vin.
La maison disposait aussi d’un droit d’usage dans la forêt de Benon. Elle pouvait notamment y prendre du bois de chauffage et y faire pacager son bétail. Ces droits forestiers comptaient parmi les éléments utiles à l’économie du domaine et à l’entretien de la maison.
Chapelle et desserte religieuse
La qualification de Chapelle du Temple n’est pas sans fondement, mais elle doit être présentée avec précision. L’enquête de 1373 ne mentionne pas de chapelle à La Cabanne. Toutefois, un document du XVe siècle indique qu’il y en avait eu une anciennement, encore connue par mémoire locale, où l’on avait vu célébrer le culte et des frères de l’ordre officier.
Il est donc possible d’affirmer qu’une chapelle a existé à La Cabanne, même si elle n’apparaît pas dans tous les états successifs du domaine. En revanche, au XVIe siècle, la visite de 1564 présente déjà La Cabanne comme une simple métairie et ne signale plus de chapelle en service.
Personnes connues
Outre Jean Regnon, connu en 1373, la tradition documentaire rattache aussi au lieu un frère Guillaume de la Cabanne, sergent mentionné dans les pièces du procès des Templiers. Ce rapprochement repose sur la cohérence géographique des lieux évoqués, sans permettre pour autant d’aller au-delà de cette identification prudente.
Évolution après la suppression du Temple
Après le transfert des biens du Temple, La Cabanne demeure dans le patrimoine hospitalier. Les visites postérieures montrent une lente transformation du site. En 1564, le lieu n’est plus regardé que comme une métairie. Au XVIIe siècle, les bâtiments apparaissent en mauvais état, avec des maisons et dépendances très dégradées.
Un rapport de 1675 décrit un ensemble rural composé de maison, grange, écurie, toits à porcs, bergeries et pigeonnier, qu’il faut rétablir. Ce témoignage montre qu’à cette époque l’ancienne maison du Temple n’est plus qu’un centre d’exploitation agricole déchu, bien loin de son organisation médiévale. Les bâtiments sont ensuite remis en état et sont signalés comme réparés à la fin du XVIIe siècle, puis encore en bon état au XVIIIe siècle.
Traces et portée historique
La Cabanne doit donc être comprise comme un établissement templier rural attesté, devenu plus tard possession hospitalière, avec exploitation agricole, droits d’usage forestier et chapelle anciennement desservie. Le dossier ne permet pas d’en faire une commanderie indépendante, mais il interdit tout autant de nier la présence templière sur ce site.
Le lieu illustre au contraire la diversité des implantations de l’ordre en Saintonge et en Aunis : des maisons parfois modestes, fortement liées à l’économie du terroir, dont la mémoire a pu se réduire avec le temps à une simple métairie ou à un nom de lieu.
Situer cette implantation
