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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Maison du Temple de Chierzac, Charzac

Une maison du Temple attestée à Chierzac

Repères territoriaux liés

Chierzac, dans l’actuelle commune de Bédenac en Charente-Maritime, correspond bien à une implantation templière documentée. Les textes anciens y signalent non seulement une maison du Temple, mais aussi l’existence d’une chapelle relevant de cet établissement. Le lieu ne doit donc pas être réduit à une simple mention toponymique, ni être présenté comme une commanderie autonome sans preuve explicite.

Localisation historique

Le site de Chierzac est situé dans les landes de Bussac, dans le département de la Charente-Maritime. La documentation le rattache à la commune de Bédenac. Les formes anciennes du nom varient selon les actes, et l’on rencontre notamment une graphie voisine de Chardac dans un document du début du XIVe siècle.

Origine et attestations médiévales

Les Templiers avaient établi à Chierzac une maison à une date qui n’est pas connue avec précision. La première attestation conservée remonte à 1304, à la toute fin de la période templière. Un acte y mentionne une transaction conclue au sujet de la haute justice du lieu entre Hugues Raynaud, alors commandeur de Chierzac, et Bertrand de Monlieu, chevalier.

Cette mention est importante, car elle confirme l’existence d’un établissement templier réel à Chierzac. Elle montre aussi que le lieu disposait d’enjeux seigneuriaux suffisamment nets pour faire l’objet d’un accord portant sur les droits de justice.

Rattachement à Civrac

La documentation indique qu’Hugues Raynaud était, à la même époque, également commandeur de Civrac. Chierzac apparaît ainsi comme uni à Civrac dès la période templière. Cette précision interdit de confondre Chierzac avec une commanderie indépendante pleinement développée : il s’agit bien d’une maison ou d’un membre intégré à un ensemble plus large.

La chapelle de Chierzac

Une enquête de 1373 mentionne Chierzac comme membre de Civrac et y atteste l’existence d’une chapelle, vraisemblablement héritée de la période templière. C’est ce témoignage qui fonde l’identification du lieu comme chapelle du Temple dans la tradition documentaire, sans effacer pour autant l’existence de la maison elle-même.

La chapelle était dédiée à Notre-Dame. Au XVIe siècle, elle est signalée comme ruinée. En 1565, les visiteurs la disent en mauvais état et les réparations devaient être prises en charge par les paroissiens, qui les différaient en raison des troubles du temps.

La visite de 1673 décrit un édifice très dégradé, à moitié découvert, sans clocher et sans vitres, mais où le service divin se faisait encore. Le desservant était alors le prêtre qui servait aussi l’église voisine de Bédenac. La chapelle conservait encore les éléments nécessaires au culte, ainsi que des représentations religieuses liées à la Passion et à la Vierge.

Biens et revenus

Les documents sont discrets sur l’importance exacte du domaine de Chierzac. L’enquête de 1373 ne distingue pas clairement ses revenus de ceux de Civrac, ce qui confirme la dépendance étroite entre les deux établissements. Plus tard, la documentation indique qu’il n’existait plus à Chierzac de véritable domaine exploité directement, le revenu provenant alors surtout de rentes.

Destructions et évolution après le Temple

Pour le début de la période hospitalière, les archives sont presque muettes. L’enquête de 1373 laisse cependant entendre que Chierzac avait probablement souffert, comme d’autres biens voisins, des destructions liées aux guerres. Avant 1479, Chierzac passa avec Civrac dans la dépendance de la commanderie des Épeaux.

À l’époque moderne, la chapelle subsista malgré un état matériel souvent médiocre. Une transaction passée en 1686 entre le curé de Bédenac et les habitants de Chierzac montre que le lieu conservait encore une vie religieuse locale, même affaiblie.

Ce que l’on peut affirmer

  • Chierzac correspond bien à une implantation templière attestée.
  • Le lieu comprenait une maison du Temple, documentée au début du XIVe siècle.
  • Une chapelle y est également attestée, probablement héritée de la période templière.
  • Chierzac était uni à Civrac et ne doit pas être présenté sans précaution comme une commanderie autonome.
  • Après la suppression de l’ordre du Temple, le lieu poursuivit son existence dans le cadre hospitalier, avant d’être rattaché à la commanderie des Épeaux.

Situer cette implantation

Croix des Templiers – Maison du Temple de Chierzac, Charzac