La Grave d’Ambarès, possession templière puis hospitalière
Repères territoriaux liés
La Grave d’Ambarès correspond à une possession attestée de l’Ordre du Temple dans l’actuelle commune d’Ambarès-et-Lagrave, en Gironde. La documentation ne décrit pas ici une simple tradition locale : elle montre au contraire que les Templiers tenaient la ville de La Grave d’Ambarès et son territoire, avant que ce bien ne passe ensuite aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
Localisation historique
Le site se trouvait dans la région de l’Entre-deux-Mers, dans cette langue de terre située entre la Dordogne et la Garonne, à proximité de leur confluent. Pour l’époque médiévale et moderne, le lieu relève de La Grave d’Ambarès, aujourd’hui rattachée à la commune d’Ambarès-et-Lagrave.
Attestation de la possession
Les textes conservés indiquent que les chevaliers du Temple possédaient jadis La Grave d’Ambarès et son territoire. La donation initiale n’est pas précisée dans les éléments disponibles, même si elle paraît remonter à un seigneur de Montferrand. En l’état, il convient donc de retenir une possession templière bien établie, sans avancer davantage sur son origine faute de précision explicite.
Seigneurie et droits de justice
Une transaction conclue en 1321 éclaire la nature de cette implantation. Pierre d’Arbussac, commandeur, et Amalvin de Barès, seigneur de Montferrand, y règlent un différend portant sur la justice à exercer sur les habitants de La Grave d’Ambarès.
D’après cet accord, le commandeur devait exercer la moyenne et la basse justice, pour les causes d’une importance limitée, tandis que la haute justice demeurait au seigneur de Montferrand. Les habitants restaient en outre soumis à certaines obligations envers ce dernier, notamment pour les convocations militaires. Le texte reconnaissait aussi aux religieux des droits d’usage dans la châtellenie, notamment pour la chasse.
Cette situation évolua par la suite. Les Hospitaliers, successeurs des Templiers, parvinrent à faire reconnaître un droit de justice plus étendu sur La Grave d’Ambarès. Au début du XVIIe siècle encore, le commandeur de Bordeaux défendait ce titre, qui fut maintenu dans les procédures et visites postérieures.
Maison et domaine
La possession comprenait dans cette localité un ancien manoir féodal, devenu avec le temps une simple maison seigneuriale. Cette mention invite à la prudence : les éléments disponibles attestent bien une maison et une seigneurie, mais ne permettent pas, à eux seuls, de décrire avec certitude une commanderie autonome distincte de tout autre ensemble administratif.
Après la suppression du Temple
Comme ailleurs, le bien passa aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem après la disparition de l’Ordre du Temple. La documentation conservée montre que ces derniers reprirent non seulement la possession du lieu, mais aussi la défense de ses droits seigneuriaux et judiciaires.
Ce qu’il faut retenir
La Grave d’Ambarès ne doit donc pas être présentée comme un lieu sans présence templière documentée. Les textes attestent au contraire une possession réelle et durable, portant sur la ville, son territoire, des droits de justice et une maison seigneuriale, avant la reprise de l’ensemble par les Hospitaliers.
Situer cette implantation
