Domaine du Temple de Perrex
Repères territoriaux liés
Le bien templier signalé à Perrex relève d’une implantation foncière, non d’une commanderie attestée par les éléments conservés ici. La documentation rattache ce domaine au territoire de Perrex, dans l’actuel département de l’Ain, alors dans une paroisse placée sous le vocable de l’Assomption. Les formes anciennes du nom montrent une désignation fluctuante du lieu, relevée notamment comme Perroes, Peresc, Perees, Perezt et Pères, avec la mention latine in agro Poriato.
Cadre local
Perrex n’apparaît pas comme un simple écart sans consistance. Le lieu appartenait aux anciennes dotations du siège épiscopal de Mâcon et, dès le Xe siècle, il est présenté comme le centre d’un ager dont dépendait Mézériat. Cette ancienneté du cadre territorial aide à comprendre pourquoi des droits ecclésiastiques, seigneuriaux et fonciers s’y trouvaient entremêlés au XIIIe siècle et au-delà.
La cure de Perrex était à la nomination du chapitre de Saint-Vincent de Mâcon. Pour les siècles postérieurs, les revenus paroissiaux sont décrits comme composés de parts de dîmes et du produit de terres, prés, bois et vignes, pour un total d’environ 300 livres. Ces indications concernent la paroisse plus largement, mais elles montrent aussi la nature agricole et foncière des ressources exploitées sur place.
Attestation templière
L’attestation la plus nette du domaine du Temple à Perrex remonte à 1223. Cette année-là, Guillaume de Loëse donna aux Templiers de Saint-Martin-le-Châtel un mas appelé Baret, situé sur le territoire de Perrex. La présence templière y est donc assurée par la possession d’un bien rural précisément désigné, acquis par donation.
Rien, dans les éléments fournis, n’autorise à élever ce mas au rang de maison autonome ou de commanderie locale. Le dossier renvoie plutôt à une possession dépendant d’un établissement templier extérieur, en l’occurrence Saint-Martin-le-Châtel. La qualification de « domaine du Temple » convient donc à un ensemble foncier ou à une tenure rurale tenue par les Templiers dans la paroisse.
Biens et économie du domaine
Le seul bien templier individualisé par son nom est le mas Baret. Le terme de mas indique une exploitation rurale, avec maison et terres attenantes ou du moins un ensemble agricole cohérent. En l’absence d’inventaire détaillé, il n’est pas possible de préciser davantage l’étendue du tènement ni la nature exacte de toutes ses dépendances. On peut toutefois relever que le paysage économique local associait terres labourables, prés, bois, vignes et droits de dîme, ce qui replace la possession templière dans un terroir agricole diversifié.
Le texte ne signale pas de moulin, de chapelle templière, ni de droits de justice propres au domaine du Temple. Il faut donc s’en tenir à ce qui est explicitement conservé : une tenure rurale reçue en 1223 et insérée dans un espace où les revenus provenaient largement de l’exploitation de la terre et des perceptions ecclésiastiques.
Environnement seigneurial et ecclésiastique
Quelques années après la donation du mas Baret aux Templiers, l’église métropolitaine de Lyon acquit à Perrex des droits appartenant au chevalier Ogier Boches et à son frère. Cette mention n’ajoute pas un bien templier nouveau, mais elle éclaire la concurrence ou la juxtaposition des intérêts ecclésiastiques dans le même terroir. Perrex se trouvait ainsi partagé entre plusieurs détenteurs de droits, ce qui est caractéristique d’un village où se superposaient autorité paroissiale, patrimoine d’église, seigneurie laïque et possessions d’ordres religieux.
Parmi les personnes liées à l’église locale figure aussi Pierre de Sachins, curé de Chavagnat-sur-Veyle, qui lui fit un legs le 1er septembre 1360. Là encore, il ne s’agit pas d’un acte templier, mais cette donnée contribue à situer la continuité des intérêts ecclésiastiques autour de Perrex après la disparition de l’ordre du Temple.
Familles de Perrex et pouvoirs seigneuriaux
Comme seigneurie, Perrex fut d’abord tenu par des nobles portant le nom du lieu. La documentation cite notamment Gui de Perrex, damoiseau, auteur en 1245 d’une donation aux Hospitaliers d’Épaisse. Cette opération ne concerne pas directement le mas Baret, mais elle montre que les ordres religieux militaires recevaient alors dans la région des biens ou des droits issus de la petite noblesse locale.
Vers 1260, Sibille et Agnès de Perrex apportèrent la terre en mariage dans la maison des seigneurs de Boches en Bugey. Cette transmission explique l’apparition ultérieure de la famille de Boches parmi les détenteurs de droits à Perrex. Isabelle, héritière de Barthélemy de Boches et de Lucie de Sachins, épousa ensuite Perceval de la Baume, chevalier, seigneur d’Asnières et de Montfalconnet.
Le 12 mai 1454, Perceval de la Baume obtint du duc Louis de Savoie la haute justice sur les hommes de son fief de Perrex. Cette concession touche à la seigneurie du lieu dans son ensemble, non à la possession templière d’origine, mais elle marque une étape importante dans la structuration du pouvoir local après le temps des Templiers.
Après la suppression de l’ordre du Temple
Les documents fournis ne décrivent pas explicitement le transfert du mas Baret après la suppression de l’ordre du Temple. En revanche, le contexte local montre une forte présence hospitalière dans la région, et l’on relève à Perrex même une donation faite en 1245 aux Hospitaliers d’Épaisse par Gui de Perrex. Cette proximité institutionnelle invite à la prudence : elle suggère un environnement où les Hospitaliers détenaient eux aussi des intérêts, sans permettre d’affirmer ici, dans le détail, le devenir administratif précis du bien templier de 1223.
Pour les siècles suivants, la documentation s’attarde surtout sur la seigneurie laïque de Perrex. Les descendants de Perceval de la Baume conservèrent la terre jusqu’au 4 juillet 1719, date à laquelle Jacques-Philippe de la Baume, comte de Saint-Amour, la vendit à François-Hugues de Siry, chevalier et baron de Conches. La seigneurie passa ensuite à M. de Marigny, président honoraire au parlement de Paris, puis fut cédée le 30 septembre 1750 à Jean-Baptiste Bona, conseiller du roi à Lyon. Sa famille en jouissait encore en 1789.
Bâti seigneurial et traces du lieu
L’ancien château de Perrex ne doit pas être confondu avec le domaine du Temple. Il relevait de la seigneurie du lieu. Il est décrit comme une tour accompagnée d’un corps de logis, rebâtie au XVIe siècle par les seigneurs de la Baume. Ce château avait disparu au moment de la rédaction de la notice ancienne exploitée ici.
En l’état des informations conservées, aucun vestige matériel du mas templier de Baret n’est décrit. La trace la plus solide de l’implantation reste donc documentaire : la donation de 1223 à l’ordre du Temple, dans une paroisse ancienne et densément partagée entre autorités ecclésiastiques et seigneuries rurales. Le dossier permet ainsi d’identifier à Perrex non une commanderie, mais une possession agraire templière insérée dans le réseau de Saint-Martin-le-Châtel.
Implantations liées à cette commune
Cette page fait partie d’un ensemble local comportant une ou plusieurs notices distinctes. Ces raccords permettent de replacer la commune et ses établissements dans le même dossier territorial sans les fusionner.
Situer cette implantation
