Domaine du Temple de Bâgé-le-Châtel
Attestations médiévales
La paroisse de Bâgé-le-Châtel apparaît dans les actes sous la forme Parrochia Baugiaci castri en 1274. Cette mention s’inscrit dans la documentation de la maison du Temple de Laumusse et confirme que des biens situés dans la paroisse entraient alors dans le patrimoine ou dans les revenus des Templiers.
Deux opérations sont explicitement signalées pour Bâgé-le-Châtel :
- en mai 1274, Clément le Gays vend aux Templiers de Laumusse, pour 4 livres parisis, un mas appelé « à la Frustria », situé dans la paroisse de Bâgé-le-Châtel ;
- en avril 1275, Jeannet Dopier, bourgeois de Bâgé, vend à Martin, prévôt de la maison du Temple de Laumusse, pour 18 sols monnaie de Mâcon, un cens de 12 deniers qu’il percevait sur une vigne dite « de Barra ».
Nature de la présence templière
Ces actes montrent une présence foncière et seigneuriale du Temple à Bâgé-le-Châtel. Les Templiers y détenaient des biens ou des droits utiles à l’exploitation de leur temporel, mais les documents disponibles ne permettent pas d’y placer avec certitude une maison templière indépendante ni une commanderie distincte.
Le cas de Bâgé-le-Châtel doit donc être compris comme celui d’un domaine ou d’un ensemble de possessions dépendant de Laumusse. Cette nuance est essentielle : un mas, une vigne ou un cens relèvent bien d’une implantation templière, sans impliquer pour autant l’existence d’un établissement majeur sur place.
Biens et revenus connus
Les possessions attestées à Bâgé-le-Châtel relèvent surtout de l’économie rurale ordinaire du XIIIe siècle :
- un mas, c’est-à-dire une exploitation ou une tenure rurale ;
- un cens assis sur une vigne, révélant la perception d’un revenu seigneurial ou foncier ;
- une vigne nommée « de Barra », citée comme point d’assiette de ce revenu.
Ces éléments montrent que l’Ordre du Temple intervenait dans le secteur comme propriétaire ou bénéficiaire de revenus, selon une logique patrimoniale comparable à celle observée dans d’autres dépendances de Laumusse en Bresse.
Liens avec la maison du Temple de Laumusse
Les actes de 1274 et 1275 rattachent clairement Bâgé-le-Châtel à la maison du Temple de Laumusse. En 1275, l’acquéreur n’est autre que Martin, qualifié de prévôt de cette maison. Bâgé-le-Châtel ne doit donc pas être isolé de ce réseau plus large de biens, de tenures et de revenus administrés depuis un centre templier voisin.
Cette dépendance éclaire aussi la géographie templière du pays de Bâgé. Les acquisitions connues dans les localités voisines montrent que les Templiers renforçaient progressivement leur assise foncière dans ce secteur, sans que chaque lieu corresponde nécessairement à une commanderie distincte.
Personnes mentionnées
Les documents conservés font connaître plusieurs acteurs liés à ces transactions :
- Clément le Gays, vendeur du mas de la Frustria en 1274 ;
- Jeannet Dopier, bourgeois de Bâgé, vendeur du cens en 1275 ;
- Martin, prévôt de la maison du Temple de Laumusse, qui agit pour les Templiers lors de l’achat de 1275.
Ces noms replacent la présence templière dans le cadre concret des ventes, des revenus et des relations entre l’Ordre et la société locale.
Après la suppression du Temple
Comme ailleurs, les biens du Temple passèrent au début du XIVe siècle aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Pour Bâgé-le-Châtel, les éléments ici conservés mettent surtout en lumière la phase templière du XIIIe siècle et son rattachement à Laumusse. Ils suffisent toutefois à établir que le lieu relevait bien de l’histoire patrimoniale de l’Ordre du Temple.
À retenir
Bâgé-le-Châtel ne doit pas être présenté comme un simple lieu voisin d’implantations templières. Les actes de 1274 et 1275 attestent directement des biens et revenus tenus par les Templiers dans la paroisse. La qualification la plus juste est donc celle de domaine du Temple, dépendant de Laumusse, et non celle d’une commanderie autonome.
Raccord historique local
Le rapprochement territorial désormais consolidé permet de relier Bâgé-le-Châtel à un point d’implantation templière documenté dans le même département : Replonges.
Ce lieu est aujourd’hui rattaché à Bâgé-le-Châtel – 01 Domaines du Temple de Replonges. Cette précision permet de distinguer le site historique de la commune administrative actuelle.
Le dossier fait notamment apparaître moulin à eau, grange, terres. Ces éléments sont présentés comme des repères du secteur et non comme la preuve automatique d’une commanderie dans la commune moderne.
La formulation reste volontairement prudente : le rapprochement confirme un lien territorial documenté sans étendre au-delà des éléments établis la nature exacte de la présence de l’Ordre du Temple.
POUR APPROFONDIR
Découvrir l’Ordre du Temple
Pour replacer cette histoire locale dans une chronologie plus large, consultez notre histoire des Templiers et de l’Ordre du Temple, de ses origines à sa suppression en 1312.
Pour découvrir l’univers templier proposé par notre partenaire marchand, retrouvez également l’Univers des Templiers de La Forge des Chevaliers®.
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