Fief de Genod
Le lieu désigné sous le nom de Genod, relevé aussi sous la forme Genoud, correspond à un fief avec château situé sur le territoire de l’actuelle commune de Crottet, dans l’Ain. La documentation fournie ne permet pas d’en faire une maison du Temple ni une commanderie. Elle rattache plutôt ce site à l’entourage foncier et seigneurial au sein duquel les Templiers de Laumusse apparaissent à la fin du XIIe siècle. Le lien avec l’Ordre repose ici sur une attestation personnelle, celle d’un seigneur local témoin d’un acte passé en faveur des Templiers, et non sur la preuve d’une possession templière directe du fief.
Attestation et cadre seigneurial
La plus ancienne mention exploitable concerne Humbert de Genod, présenté comme détenteur probable du fief dès la fin du XIIe siècle. Son nom apparaît en 1198 parmi les témoins d’une donation consentie aux Templiers de Laumusse par Renaud d’Asnières. Cette présence ne démontre pas que Genod ait appartenu à l’Ordre ; elle place en revanche le fief dans le voisinage social et féodal des bienfaiteurs ou interlocuteurs de la maison de Laumusse.
Cette indication est importante, car elle montre que Genod s’inscrivait dans le réseau nobiliaire de la Bresse et de ses marges savoyardes, là même où les Templiers recevaient alors concessions, terres et droits. Le rôle d’Humbert de Genod, limité ici à celui de témoin, suggère une position reconnue dans les affaires locales, sans que la nature exacte de ses rapports avec l’Ordre puisse être précisée davantage.
Le fief et son château
La documentation décrit Genod comme un fief avec château. C’est cet élément matériel qui constitue le cœur historique de la notice. Aucun détail architectural n’est donné sur l’édifice, ni sur son plan, ni sur ses défenses, ni sur ses dépendances immédiates. On sait seulement qu’il s’agissait d’une terre seigneuriale suffisamment constituée pour être tenue en hommage, transmise par héritage, puis vendue à l’époque moderne.
En 1272, le fief appartenait à Guy de Garnerans, chevalier, et relevait alors de l’hommage du comte de Savoie. Cette précision féodale situe clairement Genod dans une dépendance seigneuriale savoyarde. La terre passa ensuite à la descendance de Guy de Garnerans, dont les héritiers prirent le nom de Genod. Ce changement de nom, signalé par les documents, montre combien le fief servit de support à une identité lignagère durable.
Transmission de la seigneurie
La terre demeura dans cette lignée jusqu’à la fin du XVe siècle. Le dernier titulaire mentionné pour cette phase est Aimé de Genod. Mort sans enfant, il laissa le fief à son épouse, Philiberte de Sachins. Celle-ci, remariée en secondes noces avec Josserand d’Escrivieux, apporta Genod à la maison d’Escrivieux, probablement autour de 1515 d’après l’indication chronologique conservée.
À partir de là, Genod resta longtemps entre les mains des Escrivieux. La continuité de cette possession est encore perceptible au début du XVIIIe siècle : Claude d’Escrivieux fournit le dénombrement du fief le 19 décembre 1722. Ce type d’acte rappelle que la terre conservait alors sa consistance féodale et ses obligations déclaratives.
Le domaine passa ensuite à Bernard de Planche et à son épouse Françoise Chopin. Tous deux le vendirent le 9 août 1765 à Brice de Léguat de la Thire, chevalier de Saint-Louis. À la veille de la Révolution, c’était la veuve de ce dernier qui en jouissait lors de la convocation des États généraux. La série de ces transmissions, bien suivie sur la longue durée, montre surtout la persistance de Genod comme bien nobiliaire, bien au-delà du temps templier.
Le rapport avec les Templiers de Laumusse
Le lien entre Genod et l’Ordre du Temple doit être formulé avec précision. Les documents ne signalent ni donation de Genod aux Templiers, ni exploitation du château par eux, ni commanderie établie sur place. La seule donnée assurée est la présence d’Humbert de Genod comme témoin, en 1198, dans un acte par lequel Renaud d’Asnières concède un bien aux Templiers de Laumusse.
Cette mention n’est pas négligeable. Elle place Genod dans le cercle des seigneuries dont les détenteurs participaient, directement ou indirectement, aux transactions profitant à Laumusse. Elle révèle un environnement où les Templiers pouvaient compter sur des appuis, des voisins ou des arbitres issus de la petite et moyenne noblesse régionale. Toutefois, faute d’acte plus explicite, il convient de s’en tenir à cette relation de proximité documentaire.
Toponymie et mémoire du lieu
Le nom de Genod est conservé dans les documents sous la forme principale Genod, avec la variante Genoud signalée par la cartographie ancienne. Cette survivance toponymique atteste la permanence du site dans la mémoire locale. Elle s’accorde avec la longue histoire seigneuriale du fief, resté identifié par son nom propre à travers les successions de familles.
En l’état des données fournies, aucun vestige précis n’est décrit : ni ruines, ni éléments bâtis conservés, ni chapelle, ni enceinte, ni réemploi reconnu. La notice doit donc se limiter à constater l’existence historique d’un fief castral et la persistance de son nom.
Ce que l’on peut retenir de Genod
- Nature du lieu : un fief seigneurial avec château, non une commanderie attestée.
- Localisation historique : Crottet, dans l’actuel département de l’Ain.
- Première attestation utile pour l’histoire templière : 1198, avec Humbert de Genod témoin d’une donation aux Templiers de Laumusse.
- Situation féodale en 1272 : terre tenue sous l’hommage du comte de Savoie.
- Principales lignées détentrices : Humbert de Genod probable à la fin du XIIe siècle ; Guy de Garnerans puis ses descendants dits de Genod ; ensuite les Escrivieux ; enfin Bernard de Planche et Françoise Chopin, puis Brice de Léguat de la Thire.
- Repères de transmission : passage à Philiberte de Sachins après la mort sans postérité d’Aimé de Genod ; remariage avec Josserand d’Escrivieux ; dénombrement fourni par Claude d’Escrivieux le 19 décembre 1722 ; vente du 9 août 1765.
- Lien avec le Temple : relation documentaire indirecte par le témoignage d’un seigneur de Genod dans un acte concernant Laumusse.
Genod apparaît ainsi comme un point de contact entre l’histoire seigneuriale de Crottet et le réseau des Templiers de Laumusse, non comme une implantation templière certaine. L’intérêt du site tient moins à une possession de l’Ordre qu’à la manière dont un fief castral local entre dans la documentation templière par le jeu des témoins, des voisinages et des liens nobiliaires de la fin du XIIe siècle.
Implantations liées à cette commune
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