La maison du Temple d’Auxerre
Repères territoriaux liés
À Auxerre, la présence de l’ordre du Temple est bien attestée au Moyen Âge. Le dossier ne renvoie pas à une simple tradition locale : il s’agit d’une maison urbaine, dotée d’une chapelle, installée dans la ville même. Au regard des éléments conservés, il convient toutefois de rester mesuré sur son rang exact selon les périodes : le site est clairement documenté, mais rien n’autorise à transformer sans nuance cette implantation en commanderie autonome pour toute son histoire.
Localisation historique
L’établissement se trouvait à Auxerre, dans la rue du Temple, près de la porte qui portait le même nom. Cette implantation en tissu urbain correspond à une maison de l’ordre insérée dans la ville, avec des fonctions religieuses, résidentielles et patrimoniales. La documentation signale également l’existence d’une chapelle attachée à cette maison.
Attestation et nature du site
Les mentions conservées confirment l’existence d’une maison du Temple à Auxerre dans l’Auxerrois. Les répertoires anciens la comptent parmi les établissements templiers de la région. Les données disponibles permettent donc d’affirmer une présence templière certaine à Auxerre.
La nature du bien doit cependant être présentée avec précision. Le libellé documentaire renvoie ici à une chapelle du Temple au sein d’une maison de ville. Il s’agit d’un établissement urbain réel, mais les pièces résumées ne permettent pas toujours de définir avec certitude son degré d’autonomie administrative à chaque époque.
Biens, revenus et emprise foncière
La maison d’Auxerre ne se réduisait pas à un simple logis. Les Templiers, puis les Hospitaliers, y possédaient un ensemble de biens en ville et aux environs. La documentation mentionne des vignes, une maison, un pressoir et des cens sur plusieurs maisons d’Auxerre. Des biens sont notamment signalés près de l’église Saint-Gervais.
Un terrier du XVIIe siècle montre encore l’étendue de la censive héritée de cet ancien établissement, dans la ville et le finage d’Auxerre. Cela confirme la durée de l’empreinte foncière laissée par la maison du Temple puis par l’Hôpital dans le paysage urbain et périurbain auxerrois.
Donations et acquisitions connues
Parmi les actes conservés en résumé, plusieurs opérations éclairent la constitution du patrimoine local. En 1208, des vignes situées aux environs d’Auxerre furent données à la maison du Temple par Pierre de Bethisy, prévôt d’Amiens, et Lucienne, son épouse. En 1239, des cens sur des maisons de la ville apparaissent dans une charte du comte Guy de Nevers et de Forez, à propos de biens achetés à Hugues d’Auxerre et Hugues de Fresnes.
En 1256, d’autres vignes, avec une maison et un pressoir près de Saint-Gervais, furent cédées à frère Guillaume, commandeur du Sauce. Cette mention est importante, car elle rattache clairement une partie des intérêts templiers d’Auxerre à l’organisation du Sauce, sans faire disparaître pour autant la réalité matérielle de la maison urbaine d’Auxerre.
Dépendance et organisation
Les documents internes font apparaître un lien étroit entre Auxerre et la maison du Sauce. L’établissement d’Auxerre semble avoir fonctionné comme une maison urbaine liée à cet ensemble, plutôt que comme une fondation qu’il faudrait systématiquement présenter comme indépendante. Cette nuance est essentielle pour éviter de donner au site un statut plus large que celui que les textes permettent d’assurer.
En revanche, il ne faut pas nier l’importance du lieu : la présence d’un hôtel, d’une chapelle, de revenus urbains et de biens viticoles montre qu’il s’agissait d’une implantation substantielle dans la ville d’Auxerre.
Après la suppression de l’ordre du Temple
Après 1312, les biens passèrent à l’ordre de l’Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem. La maison d’Auxerre continua alors d’exister dans le patrimoine hospitalier. Les Hospitaliers y possédaient encore une maison connue plus tard sous le nom de Petit-Hôtel de Malte, dans la rue de l’ancien Jeu-de-Paume.
La documentation signale aussi qu’au XIVe siècle le commandeur résidait à Auxerre, où la situation était jugée plus sûre qu’au Sauce en temps de guerre. Les revenus et charges de la maison sont encore connus pour cette période, ce qui montre la continuité d’exploitation du site après la fin du Temple.
État de la maison à la fin du Moyen Âge et à l’époque moderne
À la fin du XVe siècle, la maison d’Auxerre était décrite comme très ancienne et en mauvais état. Elle fut ensuite relevée en partie de ses ruines. Plus tard, elle fut louée. Ces indications concernent la période hospitalière, mais elles témoignent de la permanence du site dans la durée et de son maintien dans le patrimoine de l’ordre de Saint-Jean.
Traces et mémoire du lieu
La rue du Temple conserve le souvenir le plus net de cette implantation. La mémoire de la chapelle a également perduré longtemps, puisqu’une messe y était encore dite les dimanches et fêtes à une époque relativement tardive selon les notices anciennes. Même si les vestiges médiévaux ne sont pas ici décrits avec précision, la topographie urbaine d’Auxerre garde donc une trace claire de l’ancienne maison du Temple.
Ce qu’il faut retenir
Auxerre a bien connu une implantation templière attestée, sous la forme d’une maison de ville avec chapelle, située rue du Temple. Les textes résumés permettent de suivre l’existence de biens urbains et viticoles, plusieurs donations et acquisitions au XIIIe siècle, puis la continuité hospitalière de l’établissement après la disparition de l’ordre du Temple. En l’état des éléments fournis, il est préférable de présenter Auxerre comme une maison urbaine templière importante, étroitement liée au Sauce, plutôt que d’affirmer sans réserve un statut de commanderie autonome pour toute la période médiévale.
Situer cette implantation
