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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Commanderie templière de Sens

Une présence templière attestée dans la ville de Sens

Le lieu traité correspond à un domaine du Temple à Sens, dans l’actuel département de l’Yonne. La documentation conservée n’autorise pas à décrire avec certitude une commanderie pleinement définie, avec liste de commandeurs, dépendances assurées et domaine rural reconstitué. En revanche, elle atteste bien une implantation templière urbaine dans la ville.

Il convient donc de distinguer le titre traditionnel de la page et la réalité que les textes permettent d’établir : à Sens, les Templiers ont possédé des biens immobiliers identifiés, sans que l’on puisse, sur la seule base des éléments ici disponibles, surqualifier l’établissement en commanderie autonome.

Attestation documentaire

L’attestation la plus solide repose sur une charte de 1288, émanée de l’official de Sens. Cet acte montre l’existence d’une maison de la chevalerie du Temple dans la ville, au voisinage immédiat de biens alors vendus par les exécuteurs testamentaires de Jacques de Vaudeurs.

Le texte situe des maisons de pierre devant l’église Saint-Maximin de Sens, contiguës à la maison du Temple. Il mentionne également, dans le même ensemble, une maison ou grange de bois attenante. Le partage intervenu à la suite de la vente montre que les religieux de Vauluisant reçurent les maisons de pierre, tandis que les frères du Temple eurent pour leur part la construction de bois qui tenait à leur hôtel.

Cette mention est essentielle : elle prouve non seulement la présence des Templiers à Sens, mais aussi leur insertion dans un tissu bâti nettement identifié par les confronts et les voies de circulation.

Localisation historique

La topographie ancienne n’est pas entièrement assurée, mais les éléments les plus précis placent les biens du Temple devant l’église Saint-Maximin. Le secteur est décrit comme voisin de maisons relevant de l’abbaye de Vauluisant et proche d’un chemin menant à l’église, ainsi que d’une voie conduisant à la cour du roi.

Une tradition érudite plus tardive signale en outre deux maisons templières à Sens : l’une à côté de l’hôtel des abbés de Saint-Remi, rue des Trois-Rois, l’autre dans la Grande-Rue, presque en face du couvent des Carmélites. Ces indications vont dans le sens d’une présence templière en ville, mais elles doivent être reçues avec plus de réserve que la charte de 1288, qui constitue ici la base la plus ferme.

Nature des biens

Les documents disponibles montrent surtout un ensemble immobilier urbain. Il s’agit de maisons et d’une construction qualifiée de maison ou grange de bois. Rien, dans ce dossier, n’impose d’y voir un vaste établissement rural ni une commanderie de plein exercice comparable aux grandes maisons mieux connues de la région.

Le cas de Sens rappelle qu’une présence templière peut prendre la forme d’un domaine urbain, d’un hôtel, de maisons ou de dépendances intégrées au tissu de la ville. Une telle implantation pouvait servir à l’administration des biens, à l’accueil de frères en déplacement ou à la gestion de revenus, sans que tous ces usages puissent être démontrés individuellement pour ce site.

Relations avec les établissements voisins

La charte de 1288 associe, dans la même opération, les religieux de Vauluisant et les frères de la maison de la chevalerie du Temple de Coulours. Ce point est important : il suggère que les biens templiers de Sens étaient alors en relation avec la maison de Coulours.

Toutefois, il ne faut pas aller au-delà de ce que dit l’acte. La documentation ici réunie permet de constater ce lien, mais non d’établir avec certitude le statut administratif exact de Sens au sein de l’organisation templière. Il est donc préférable de parler d’un domaine du Temple à Sens, possiblement rattaché à un établissement plus structuré, plutôt que d’affirmer sans preuve une commanderie autonome.

Après la suppression de l’ordre

Comme les autres biens templiers du royaume, les possessions de Sens ont très probablement été touchées par la réorganisation consécutive à la suppression de l’ordre au début du XIVe siècle. En revanche, les éléments fournis ici ne permettent pas de suivre précisément le devenir de chaque bien ni de reconstituer, pour Sens même, une chronologie détaillée des transmissions postérieures.

Faute d’actes complémentaires, il convient donc de rester sobre : la présence templière est bien attestée avant la disparition de l’ordre, mais l’histoire ultérieure de ce domaine urbain demeure imparfaitement connue dans ce dossier.

Ce que l’on peut retenir

Sens ne doit pas être présenté comme un lieu sans présence templière. Les documents établissent au contraire l’existence d’un domaine urbain du Temple, matérialisé par des maisons situées dans le voisinage de l’église Saint-Maximin et mentionnées explicitement à la fin du XIIIe siècle.

Le dossier ne permet pas, en l’état, de transformer avec certitude cette implantation en commanderie autonome. La formulation la plus juste est donc celle d’une maison ou domaine du Temple à Sens, bien attesté dans la ville médiévale, mais de consistance exacte encore partiellement obscure.

Situer cette implantation

Croix des Templiers – Commanderie templière de Sens