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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Domaine du Temple de Cry

Localisation et nature du bien

Repères territoriaux liés

Cry est un lieu anciennement attesté dans l’actuel département de l’Yonne, sur le territoire de la commune de Perrigny-sur-Armançon. La documentation conservée ne décrit pas ici une commanderie ni une maison du Temple établie à Cry même, mais un domaine du Temple. Cette qualification doit être maintenue avec précision : le dossier ne permet pas d’élever ce bien au rang de maison ou de commanderie locale.

Le toponyme est ancien. Il apparaît sous plusieurs formes dans la documentation : Criacu en 634, Crieyum en 1536, Cry en 1531, puis Crey en 1674. Ces graphies montrent la continuité du lieu sur la longue durée, sans pour autant renseigner à elles seules sur l’étendue exacte du bien templier.

Attestation templière

La présence templière à Cry est effectivement documentée. En 1246, les Templiers de la maison du Temple de Saint-Marc y possèdent des droits assez nets pour qu’il soit expressément indiqué qu’ils peuvent faire pâturer leur troupeau en ce lieu. Cette mention est capitale, car elle ne relève ni d’une simple tradition toponymique ni d’une attribution conjecturale : elle établit l’existence d’un rapport concret entre Cry et l’exploitation d’un bien tenu par le Temple.

La formulation conservée invite toutefois à la prudence sur la structure exacte de cette implantation. Le texte connu ne décrit ni chapelle, ni bâtiments conventuels, ni personnel résidant sur place. Il ne nomme pas davantage un précepteur propre à Cry. Ce que l’on peut affirmer, en revanche, c’est que Cry entrait dans la sphère d’exploitation des Templiers de Saint-Marc, au moins au milieu du XIIIe siècle, et qu’il servait alors à l’économie pastorale de cette maison.

Rattachement à la maison de Saint-Marc

Le seul rattachement institutionnel explicitement conservé relie Cry à la maison du Temple de Saint-Marc. Cela suggère que le domaine n’était pas isolé, mais intégré à un ensemble foncier plus large administré depuis cette maison. En l’état du dossier, Cry doit donc être compris comme une dépendance domaniale ou un terroir d’exploitation relevant de Saint-Marc, et non comme un établissement autonome clairement individualisé dans les textes.

Cette dépendance fonctionnelle éclaire la nature de la mention de 1246. Le droit de pâture accordé ou reconnu aux troupeaux templiers montre une mise en valeur économique fondée au moins en partie sur l’élevage. Une telle indication, même brève, est précieuse : elle révèle que le domaine participait aux ressources utiles à la maison de Saint-Marc et qu’il s’insérait dans la gestion ordinaire des biens ruraux du Temple.

Portée historique de la mention de 1246

La documentation disponible est concise, mais elle est suffisamment explicite pour exclure toute formule niant la présence templière. Cry n’est pas seulement un lieu supposé, ni un simple nom de terroir postérieur ; il s’agit d’un lieu où des Templiers, ceux de Saint-Marc, exercent en 1246 un droit d’usage sur leurs troupeaux. Cette mention autorise à parler d’un domaine du Temple à Cry.

En revanche, rien dans les éléments fournis ne permet d’aller au-delà. Il serait abusif d’affirmer l’existence d’une commanderie, d’une maison templière distincte, d’une chapelle ou d’un moulin à Cry. De même, le dossier ne donne aucun détail sur l’origine de l’acquisition, sur la consistance foncière exacte du domaine, sur d’éventuelles tenures, sur des revenus en argent, ni sur un transfert documenté après la suppression de l’ordre du Temple en 1312.

Toponymie et continuité du lieu

Les formes anciennes du nom confirment l’ancienneté de Cry dans le paysage régional. La mention de 1531 le qualifie comme un fief relevant du comté de Tonnerre, tandis que les formes des XVIe et XVIIe siècles attestent la persistance du toponyme. Ces notices toponymiques ne démontrent pas, à elles seules, la continuité juridique du domaine templier après le Moyen Âge central ; elles permettent cependant d’identifier durablement le lieu et d’éviter de le confondre avec un homonyme.

Dans une fiche de territoire templier, cette stabilité du nom est utile surtout pour situer correctement l’implantation signalée en 1246. Elle renforce l’ancrage local de Cry, aujourd’hui rattaché à Perrigny-sur-Armançon, dans le ressort ancien de l’Yonne septentrionale.

État du dossier

En définitive, le dossier permet d’établir sobrement mais fermement qu’il existait à Cry un domaine relevant du Temple, exploité dans l’orbite de la maison de Saint-Marc, et attesté en 1246 par un droit de pâture sur les troupeaux templiers. Cette base documentaire suffit à reconnaître une présence templière réelle, tout en imposant de ne pas transformer ce domaine en maison ou en commanderie faute de preuves explicites.

Situer cette implantation

Croix des Templiers – Domaine du Temple de Cry