La maison du Temple de Saint-Maurice de Régusse
Repères territoriaux liés
La présence du Temple à Saint-Maurice de Régusse est attestée dès le XIIe siècle. Les actes conservés montrent qu’il ne s’agit pas d’une simple mention toponymique, mais d’une maison déjà organisée, disposant d’un responsable et d’un chapelain. Le lieu s’inscrit dans le territoire de l’actuelle commune de Régusse, dans le Var.
Localisation historique
Saint-Maurice de Régusse relève du terroir de Régusse, dans l’actuel département du Var. La documentation rattache explicitement cette maison à Saint-Maurice, avec des biens et des droits exercés dans son environnement, notamment vers le Verdon.
Origine et attestations au XIIe siècle
Un acte d’octobre 1164 montre une maison du Temple déjà établie. À cette date, le seigneur Hugues de Montmeyan entre dans l’Ordre du Temple et remet la terre de Longchamp, composée de plusieurs lots, entre les mains de Guillaume de Vion, alors commandeur de Saint-Maurice. Cette donation est approuvée par plusieurs membres de son entourage familial.
Le même acte mentionne également un chapelain de Saint-Maurice, signe d’une organisation religieuse et domaniale déjà en place. La maison de Saint-Maurice apparaît donc, dès le milieu du XIIe siècle, comme un établissement templier structuré.
Donations et accroissement du domaine
Un autre acte, daté de novembre 1170, confirme l’importance de l’établissement. Blachère, ses frères Guillaume et Jean, ainsi que leur sœur Lombarde, abandonnent leurs prétentions et concèdent à l’église de Saint-Maurice, aux frères du Temple et à Ripert, administrateur de la maison, des terres cultivées et incultes, des droits de pâture ainsi que des eaux sur les rives du Verdon.
Cette même donation accorde aussi la faculté de construire un moulin dans la vallée mentionnée par l’acte, ainsi qu’un local destiné à la préparation du pain. Ces éléments montrent que la maison ne reposait pas seulement sur des terres, mais sur un ensemble de droits utiles à l’exploitation du domaine.
Possessions et économie
Au début du XIIIe siècle, la documentation laisse entrevoir une communauté bien implantée. Le 29 juin 1206, Pons d’Arbetz, Gui de Baudinard et leurs sœurs Sibille et Marchesia donnent à perpétuité leur pâture pour les animaux de la maison de Saint-Maurice. En contrepartie, ils déclarent avoir reçu un roncin, un poulain et une somme d’argent destinée à éteindre une dette contractée envers les frères du Temple.
Les biens de Saint-Maurice paraissent alors fortement liés à l’élevage et aux droits de parcours. La documentation évoque en effet les troupeaux comme une part essentielle des revenus du domaine. D’autres concessions portent sur les passages, les usages, les eaux, les bois, les herbes et la libre pâture pour de nombreux animaux, ce qui traduit une économie largement fondée sur l’exploitation pastorale.
Personnes connues
- Guillaume de Vion, commandeur de Saint-Maurice en 1164.
- Raimbaud, chapelain de Saint-Maurice, cité parmi les témoins du même acte.
- Ripert, désigné plus tard comme administrateur de la maison.
- Guillaume de La Tour, commandeur cité en 1206.
- Michel, chapelain de Saint-Maurice au début du XIIIe siècle.
Importance de l’établissement
Les actes connus montrent que Saint-Maurice de Régusse fut bien davantage qu’une simple possession isolée. La présence d’un commandeur, de chapelains, de donations foncières, de droits d’eau, de pâture et de la possibilité d’y établir un moulin indique une maison active et solidement insérée dans le réseau templier de Provence.
Traces et mémoire du lieu
La mémoire locale a conservé le souvenir de cette implantation, notamment à travers la toponymie. Cette permanence du nom rappelle l’ancien enracinement de la maison templière dans le paysage de Régusse, même si l’histoire détaillée de son bâti et de son évolution ultérieure demeure incomplètement documentée par les éléments ici conservés.
Implantations liées à cette commune
Cette page fait partie d’un ensemble local comportant une ou plusieurs notices distinctes. Ces raccords permettent de replacer la commune et ses établissements dans le même dossier territorial sans les fusionner.
Situer cette implantation
