Maison du Temple de Broiselant
Repères territoriaux liés
La documentation conservée sur Broiselant est très mince, mais elle permet néanmoins d’identifier l’existence d’un bien templier dans le territoire de Crottet, dans l’actuel département de l’Ain. La nature retenue par les mentions disponibles est celle d’une maison du Temple, non d’une commanderie autonome. Rien, dans les éléments fournis, n’autorise à lui attribuer un rôle de centre administratif comparable aux établissements majeurs de l’ordre.
Localisation historique
Broiselant est donné comme un hameau relevant de la commune de Crottet. L’implantation apparaît dans l’orbite de la maison templière de Laumusse, puisque l’homme qui agit au nom de l’ordre dans l’acte connu porte le titre de précepteur de la Milice du Temple de Laumusse. Cette indication rattache Broiselant au réseau foncier et seigneurial que les Templiers administraient alors dans cette partie de la Bresse et des marges de la Dombes.
La localisation précise du hameau pose toutefois difficulté. Les notices exploitées signalent expressément que Broiselant n’a pas été retrouvé dans les cartographies anciennes et modernes mentionnées par les documents, ni dans le dictionnaire topographique invoqué par ces mêmes notices. Il faut donc admettre que le toponyme a pu disparaître, se transformer, ou ne subsister que dans une documentation d’archives sans conservation claire dans la géographie actuelle.
Attestation de 1286
La mention essentielle, et en pratique la seule directement liée à Broiselant dans le dossier transmis, remonte à juin 1286. À cette date, Guillaume Rebutin, qualifié de chevalier, prend en fief à Broiselant une maison noble tenue par Jean de Chazelles, alors précepteur de la Milice du Temple de Laumusse.
Cette formule est importante à plusieurs titres. D’abord, elle montre qu’à Broiselant les Templiers disposaient assez nettement d’un bien de caractère seigneurial, désigné comme une maison noble. Ensuite, l’opération prend la forme d’une prise en fief, ce qui place le lieu dans un cadre juridique féodal plutôt que dans le simple registre d’une exploitation rurale ordinaire. Enfin, l’intervention du précepteur de Laumusse confirme que Broiselant ne doit pas être isolé, mais compris comme un élément dépendant d’un ensemble plus vaste administré depuis cette maison templière.
La documentation fournie ne décrit pas davantage cette maison noble. On ignore sa composition exacte, l’étendue de ses terres, l’existence éventuelle de bâtiments agricoles annexes, de droits banaux, de cens ou de tenanciers directement attachés au bien. Il convient donc d’en rester à ce que l’acte laisse voir : un établissement assez consistant pour relever de la catégorie des maisons nobles et pour entrer dans le jeu des relations féodales sous contrôle templier.
Insertion dans le temporel de Laumusse
Le rôle de Jean de Chazelles est central dans l’unique attestation conservée. Comme précepteur de Laumusse, il représente l’autorité templière qui dispose du bien de Broiselant. Cette donnée place la maison dans la dépendance de Laumusse, qui apparaît dans les documents voisins comme un pôle actif d’acquisitions et de gestion foncière.
Les extraits transmis sur d’autres localités du secteur montrent en effet que les Templiers de Laumusse détenaient, au XIIIe siècle, des biens variés dans plusieurs hameaux et mas : droits vendus sur un mas à Buchipotière en 1230, possessions attestées à Chazeau en 1286, concessions reçues à Asnières-les-Bois dès la fin du XIIe siècle. Même si ces exemples ne doivent pas être confondus avec Broiselant, ils éclairent le cadre dans lequel s’inscrit la maison : non pas un site isolé, mais une pièce d’un maillage foncier régional administré par la maison de Laumusse.
Dans ce contexte, Broiselant a pu constituer un point d’appui seigneurial ou résidentiel secondaire, susceptible de porter des terres, des redevances ou des droits locaux. Cependant, aucune pièce du dossier fourni ne permet d’en dresser l’inventaire ni d’affirmer l’existence d’un domaine plus vaste que la maison noble elle-même.
Personnes connues
- Guillaume Rebutin, chevalier, est la personne qui reçoit ou tient en fief la maison noble en juin 1286.
- Jean de Chazelles apparaît comme précepteur de la Milice du Temple de Laumusse ; il est le détenteur templier au nom duquel la maison noble est engagée dans l’acte.
Ces deux noms constituent le noyau prosopographique certain de l’histoire de Broiselant. Aucun autre frère du Temple, aucun tenancier, aucun donateur ni aucun voisin n’est explicitement mentionné pour ce lieu dans les documents remis.
Nature du bien
Le vocabulaire conservé impose une lecture prudente. Broiselant est désigné comme une maison du Temple, et l’acte de 1286 parle d’une maison noble. Ces deux indications convergent vers l’existence d’un bien immobilier de niveau seigneurial, ou du moins juridiquement distingué, tenu par les Templiers dans le ressort de Crottet.
En revanche, rien ne permet d’y ajouter une chapelle, une exploitation spécialisée, un moulin, des bois, des prés, une réserve domaniale ou des droits de justice. Rien n’autorise non plus à transformer cette maison en commanderie. Le lien de dépendance envers Laumusse suggère plutôt un établissement subordonné, administré dans un cadre plus large.
Toponymie et disparition du site
Broiselant pose un problème de repérage particulièrement net. Le toponyme, pourtant attesté dans l’acte de 1286 d’après la notice transmise, n’est pas reconnu dans les relevés cartographiques et topographiques signalés par cette même tradition érudite. Cette absence interdit pour l’instant toute localisation sûre sur le terrain.
Deux conséquences en découlent. D’une part, l’histoire de la maison du Temple de Broiselant reste presque entièrement suspendue à un acte isolé. D’autre part, il n’est pas possible, à partir des seules données ici réunies, de décrire des vestiges ou une survivance bâtie. La disparition du nom dans les outils topographiques évoqués laisse au contraire penser que le site a pu être absorbé par un autre terroir, abandonné, ou conservé sous une forme toponymique altérée qui n’est pas identifiable avec certitude.
Ce que l’on peut retenir
En l’état des données fournies, Broiselant correspond donc à une implantation templière ponctuellement attestée dans le territoire de Crottet à la fin du XIIIe siècle. En juin 1286, une maison noble sise au hameau de Broiselant relève du précepteur de Laumusse, Jean de Chazelles, et fait l’objet d’une prise en fief par le chevalier Guillaume Rebutin. Cette mention prouve l’existence d’un bien templier local, inséré dans la mouvance de Laumusse et engagé dans des rapports féodaux.
Au-delà de cette attestation, la prudence s’impose. Les documents transmis ne donnent ni série d’actes, ni liste de terres, ni détail de revenus, ni indication explicite sur le devenir hospitalier après la suppression de l’ordre du Temple. Ils ne permettent pas davantage d’identifier avec assurance l’emplacement moderne du lieu. La maison du Temple de Broiselant demeure ainsi un établissement réel mais très mal documenté, connu surtout par une opération féodale de 1286 qui en révèle à la fois l’existence et le rattachement à l’administration templière de Laumusse.
Implantations liées à cette commune
Cette page fait partie d’un ensemble local comportant une ou plusieurs notices distinctes. Ces raccords permettent de replacer la commune et ses établissements dans le même dossier territorial sans les fusionner.
Situer cette implantation

Raccord historique local
Le rapprochement territorial désormais consolidé permet de relier Crottet à un point d’implantation templière documenté dans le même département : Crottet.
Le dossier fait notamment apparaître moulin à eau, domaine du Temple. Ces éléments sont présentés comme des repères du secteur et non comme la preuve automatique d’une commanderie dans la commune moderne.
La formulation reste volontairement prudente : le rapprochement confirme un lien territorial documenté sans étendre au-delà des éléments établis la nature exacte de la présence de l’Ordre du Temple.