Une maison du Temple attestée à Barbonne
Repères territoriaux liés
Barbonne, aujourd’hui rattachée à la commune de Barbonne-Fayel dans la Marne, correspond bien à une implantation templière ancienne et documentée. Le lieu ne relève donc pas d’une simple mention hypothétique : les textes signalent à la fois des biens, une maison et une chapelle, puis la continuité de l’établissement après le transfert aux Hospitaliers.
Localisation historique
Le site se trouvait dans l’ancien territoire de Barbonne, entre Sézanne et Chantemerle. La documentation associe ce lieu à l’actuelle commune de Barbonne-Fayel, dans le département de la Marne. Les notices anciennes distinguent un premier établissement hors du village actuel, puis un second emplacement correspondant au bourg de Barbonne.
Origine et développement de l’établissement
Les Templiers possédaient des biens à Barbonne dès les premières décennies de leur histoire. La présence de l’Ordre y est signalée avant même la fin du XIIe siècle, avec un établissement d’abord installé en dehors du village actuel. Ce premier site fut abandonné vers 1185, tout en étant conservé comme ferme, avec une chapelle dédiée à Notre-Dame.
Par la suite, l’implantation templière se fixa dans le village de Barbonne lui-même. Les textes anciens présentent Barbonne comme une maison du Temple, parfois décrite ensuite comme une ancienne commanderie. Il convient toutefois de rappeler que l’origine du bien paraît avoir été celle d’une grange ou ferme donnée aux Templiers, avant le développement d’un ensemble plus important.
Donations et acquisitions connues
Plusieurs éléments documentent la constitution du domaine. Une donation ancienne mentionne une grange ou ferme donnée par Thibaut, comte de Blois, avec un pré et une charrue de terre situés à Barbonne. Cette charte n’est pas datée avec précision, mais elle est tenue pour rédigée à la fin du XIIe siècle.
Les Templiers y détenaient aussi des droits plus anciens encore. En 1143, l’évêque Hatton de Troyes confirma notamment la donation des dîmes de Barbonne. En 1164, une charte confirmative d’Henri, comte palatin de Troyes, rappelle en outre l’acquisition d’une terre située à Barbonne, achetée avec le consentement des autorités ecclésiastiques concernées.
Domaine, chapelle et église
Le domaine de Barbonne est décrit comme une maison à usage de ferme, établie dans un grand enclos entouré de murs, à environ un quart de lieue de l’église du village. Dans la cour se trouvait une chapelle dédiée à saint Jean, où l’on disait encore plusieurs messes par semaine à l’époque moderne. Cette donnée confirme clairement l’existence d’un édifice cultuel lié à l’établissement.
La tradition locale et les notices anciennes attribuent également aux Templiers la construction de l’église de Barbonne, remaniée par la suite par les Hospitaliers, puis encore transformée à l’époque moderne. De la phase médiévale la plus ancienne, il subsistait notamment des voûtes gothiques élancées reposant sur des piliers cruciformes. Les remaniements postérieurs ne doivent donc pas faire oublier l’ancienneté du site templier dans le tissu du village.
Possessions et économie
Les terres du domaine comptaient 115 arpents. Elles étaient affermées avec la maison, ce qui montre un ensemble foncier exploité comme bien rural organisé. Les revenus mentionnés pour les siècles postérieurs traduisent la continuité d’exploitation du domaine après la disparition de l’Ordre du Temple.
Personnes et rôle de la maison
La maison de Barbonne paraît avoir tenu une place réelle dans l’organisation templière régionale. Des frères portant le nom de Barbonne sont mentionnés dans les documents relatifs à la fin de l’Ordre. Les textes conservent aussi le souvenir d’un responsable agissant à Barbonne au moment de la chute des Templiers, ce qui suggère un établissement encore actif au début du XIVe siècle.
Dépendances
La documentation ancienne indique que trois membres dépendaient de l’ancienne maison de Barbonne :
- la Forestière ;
- Baudement ;
- Queudes.
Cette dépendance d’autres biens confirme que Barbonne ne fut pas seulement une chapelle isolée, mais un centre domanial structuré.
Devenir après la suppression de l’Ordre
Après la disparition de l’Ordre du Temple, l’établissement passa aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui modifièrent notamment l’église en y ajoutant des chapelles latérales. L’ancienne maison ou commanderie a ensuite disparu. Les notices la placent sur l’emplacement de l’actuelle mairie, tandis que le domaine rural conserva longtemps le souvenir de sa fonction antérieure.
Traces conservées
Implantations liées à cette commune
Cette page fait partie d’un ensemble local comportant une ou plusieurs notices distinctes. Ces raccords permettent de replacer la commune et ses établissements dans le même dossier territorial sans les fusionner.
Situer cette implantation
