Moulin du Temple d’Asnières-les-Bois
Repères territoriaux liés
Le bien templier signalé à Asnières-les-Bois, sur le territoire de l’actuelle commune de Confrançon, n’apparaît dans la documentation fournie que de manière brève, mais assez nette pour établir son rattachement au réseau de Laumusse à la fin du XIIe siècle. La nature retenue pour cette fiche est celle d’un moulin du Temple. Les textes conservés ne permettent toutefois ni d’en décrire l’équipement, ni d’en fixer précisément l’emplacement, ni de suivre en détail son exploitation.
Localisation historique
Asnières-les-Bois est rattaché à la commune de Confrançon, dans l’actuel département de l’Ain. La documentation ancienne mentionne la forme Asneres. Le lieu relevait d’une seigneurie d’Asnières-les-Bois pourvue d’un château fort. Cette précision est importante, car elle montre que l’implantation templière ne se comprend pas isolément : elle s’inscrit dans un terroir seigneurial déjà structuré, tenu à l’origine par une famille locale portant le nom d’Asnières.
Cadre seigneurial et milieu d’implantation
Les plus anciens possesseurs signalés pour la seigneurie sont des gentilshommes dits d’Asnières. Parmi eux figurent Jocerand, Guillaume et Renaud d’Asnières, tous donnés comme vivant à la fin du XIIe siècle. La présence d’un château fort et d’une famille seigneuriale bien identifiée replace la concession faite aux Templiers dans un contexte de pouvoir local où les transferts de biens dépendaient d’initiatives nobiliaires.
Rien, dans les éléments transmis, n’autorise à faire d’Asnières-les-Bois une commanderie autonome. Le dossier atteste seulement un bien relevant des Templiers de Laumusse. Cette dépendance envers Laumusse est le fait central : le moulin ou domaine d’Asnières-les-Bois doit être compris comme une possession secondaire intégrée à un ensemble plus vaste administré depuis cette maison.
Attestation de 1198
L’attestation essentielle est datée de 1198. Cette année-là, Renaud d’Asnières consentit aux Templiers de Laumusse une concession. Le résumé conservé ne précise pas la teneur exacte du bien cédé ni l’étendue des droits transmis. Il établit en revanche de façon certaine l’existence d’un acte mettant en rapport direct la famille seigneuriale d’Asnières et la maison du Temple de Laumusse.
Un témoin est expressément nommé : Humbert de Genod, également désigné comme de Crottet. Sa présence dans l’acte donne un peu plus de consistance au dossier, en montrant que la concession s’insérait dans les usages diplomatiques ordinaires de l’époque, avec validation par témoignage nobiliaire ou local.
Faute de texte plus développé, il convient de rester prudent sur la portée exacte de la concession. On ne peut dire avec certitude, d’après la seule matière fournie, si le moulin appartenait déjà à l’ensemble transmis en 1198 ou si la tradition du Moulin du Temple procède d’un état postérieur du bien. En revanche, le lien entre Asnières-les-Bois et les Templiers de Laumusse est explicitement attesté dès la fin du XIIe siècle.
Le bien templier à Asnières-les-Bois
La désignation moderne de la fiche comme Moulin du Temple invite à reconnaître à Asnières-les-Bois un établissement de caractère économique. Cependant, les documents ici réunis ne détaillent ni le cours d’eau concerné, ni les redevances, ni les terres ou droits annexes qui auraient dépendu de ce moulin. Il est donc plus sûr de parler d’un bien templier localisé à Asnières-les-Bois, identifié par la tradition documentaire comme un moulin, sans développer au-delà de ce que les actes résumés permettent d’assurer.
Ce silence des notices sur les aspects techniques ou domaniaux interdit aussi d’attribuer au site des dépendances, des tenanciers, des dîmes, des cens ou des revenus particuliers. Aucun précepteur ni commandeur n’est nommé pour Asnières-les-Bois même. Le seul rattachement institutionnel ferme est celui de Laumusse, maison templière qui recevait les concessions faites dans cette partie de la Bresse.
Personnes connues
- Renaud d’Asnières : seigneur ou gentilhomme de la lignée d’Asnières, vivant à la fin du XIIe siècle ; il est l’auteur de la concession faite en 1198 aux Templiers de Laumusse.
- Jocerand d’Asnières : cité parmi les membres anciens de la famille seigneuriale d’Asnières.
- Guillaume d’Asnières : autre représentant de cette même lignée à la fin du XIIe siècle.
- Humbert de Genod, dit aussi de Crottet : témoin de la concession de 1198.
Ces quelques noms constituent l’essentiel du personnel historique directement attaché au lieu dans les documents disponibles. Aucun frère du Temple résidant à Asnières-les-Bois n’est mentionné nommément.
Rattachement à Laumusse
Le point le plus solide du dossier est l’intégration d’Asnières-les-Bois dans l’orbite de Laumusse. Les Templiers n’y apparaissent pas comme seigneurs d’un établissement principal, mais comme bénéficiaires d’une concession consentie par la noblesse locale. Cela correspond à une forme d’implantation foncière ou économique modeste, probablement administrée à distance par la maison chef de réseau.
Dans l’état actuel des données, rien ne permet de fixer la chronologie d’éventuelles extensions postérieures, ni de savoir si la possession fut augmentée par d’autres donations, achats ou échanges. L’histoire locale conservée se concentre sur l’acte de 1198 et sur l’existence d’une seigneurie d’Asnières-les-Bois tenue à l’origine par la famille éponyme.
Toponymie et mémoire du lieu
La forme ancienne Asneres est explicitement signalée. Elle confirme l’ancienneté du toponyme et son enracinement médiéval. Le nom d’Asnières-les-Bois demeure associé à une seigneurie distincte, ce qui aide à comprendre pourquoi un bien templier a pu y être individualisé dans la mémoire archivistique.
La mention d’un château fort dans la seigneurie d’Asnières-les-Bois appartient également à cette mémoire territoriale. Elle n’implique pas que les Templiers aient détenu l’ensemble du site seigneurial, mais elle restitue le cadre dans lequel leur possession a pris place : celui d’un territoire déjà hiérarchisé, organisé autour d’un pouvoir laïc local.
Ce que l’on peut retenir
Pour Asnières-les-Bois, l’histoire templière documentée repose sur un noyau de faits limité mais précis. À la fin du XIIe siècle, la seigneurie appartenait à une famille noble du nom d’Asnières. En 1198, Renaud d’Asnières fit une concession aux Templiers de Laumusse, en présence de Humbert de Genod. C’est sur cette base qu’est attestée l’existence d’un bien du Temple dans ce lieu, identifié par la tradition comme un moulin.
Au-delà, la documentation fournie ne permet pas de décrire plus finement ni l’assiette du bien, ni son revenu, ni son devenir après la disparition de l’Ordre du Temple. La fiche doit donc rester volontairement resserrée sur cette attestation, qui suffit néanmoins à inscrire Asnières-les-Bois dans la géographie templière dépendant de Laumusse, au contact direct de la petite aristocratie locale de Bresse.
Implantations liées à cette commune
Cette page fait partie d’un ensemble local comportant une ou plusieurs notices distinctes. Ces raccords permettent de replacer la commune et ses établissements dans le même dossier territorial sans les fusionner.
Situer cette implantation

Raccord historique local
Le rapprochement territorial désormais consolidé permet de relier Confrançon à un point d’implantation templière documenté dans le même département : Confrancon.
Ce lieu est aujourd’hui rattaché à Confrançon – 01 Domaines du Temple de Confrançon. Cette précision permet de distinguer le site historique de la commune administrative actuelle.
Le dossier fait notamment apparaître moulin à eau, domaine du Temple. Ces éléments sont présentés comme des repères du secteur et non comme la preuve automatique d’une commanderie dans la commune moderne.
La formulation reste volontairement prudente : le rapprochement confirme un lien territorial documenté sans étendre au-delà des éléments établis la nature exacte de la présence de l’Ordre du Temple.