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BOUTIQUE DES TEMPLIERS

Domaines du Temple de Confrançon

Moulin du Temple de Confrançon

Repères territoriaux liés

À Confrançon, la documentation conservée ne décrit pas une commanderie templière autonome, mais un ensemble de biens relevant des Templiers de Laumusse, dont l’élément le plus nettement individualisé est un moulin mentionné au début du XIIIe siècle. Les actes connus rattachent cette présence aux hameaux de Cornaton et d’Asnières-les-Bois, dans le terroir de Confrançon, au sein d’une zone où la maison de Laumusse recevait alors concessions et donations de la petite noblesse locale.

Attestations anciennes

La mention la plus précise remonte à 1209. Cette année-là, Hugues de Cornaton, qualifié de chevalier, conclut une transaction avec les Templiers de Laumusse à propos d’un moulin situé sous Polliat. Cet acte montre que les frères avaient des intérêts matériels directs dans ce secteur et qu’un point de friction ou de partage de droits existait avec le seigneur de Cornaton. Le bien en cause n’est pas décrit plus avant, mais la nature même de la transaction souligne l’importance économique du moulin, installation essentielle pour la mouture et donc pour la perception de revenus réguliers.

La désignation moderne de « Domaine » ou de « Moulin du Temple » convient ainsi à un bien foncier et utilitaire inséré dans le réseau de Laumusse. Rien, dans les éléments fournis, n’autorise en revanche à parler ici d’une maison régulière distincte ou d’une commanderie établie à Confrançon même.

Cornaton et le noyau principal des biens

Le hameau de Cornaton apparaît comme le principal point d’ancrage des intérêts templiers dans la commune. Le dossier local y place d’abord l’affaire du moulin de 1209. Il y ajoute une seconde étape en juin 1254, lorsque Guillaume Frillet donna aux Templiers tout ce qu’il possédait à Cornaton. La formule indique une cession générale de biens dans ce hameau, sans détail conservé ici sur leur composition exacte. Cette donation a néanmoins renforcé de manière sensible l’assise foncière des frères dans le secteur.

Le contexte seigneurial de Cornaton est un peu mieux connu par la notice propre au hameau. Celui-ci formait un fief avec maison-forte, doté de justice moyenne et basse, tenu au commencement du XIIIe siècle par Hugues de Cornaton. Les Templiers n’y sont pas dits seigneurs du fief dans son ensemble, mais bien parties à une transaction touchant un moulin et bénéficiaires, quelques décennies plus tard, d’une donation de biens situés dans ce même lieu. Leur implantation à Cornaton doit donc être comprise comme une présence foncière localisée, insérée dans un paysage seigneurial plus vaste qui demeura entre d’autres mains.

Asnières-les-Bois

Un autre point d’appui est signalé au hameau d’Asnières-les-Bois. En 1198, Renaud d’Asnières, présenté comme gentilhomme vivant à la fin du XIIe siècle, consentit une concession aux Templiers de Laumusse. L’acte est important car il fait remonter la présence templière dans le territoire de Confrançon à une date légèrement antérieure au règlement de 1209 sur le moulin de Cornaton.

La documentation ne précise pas ici la nature exacte de ce qui fut concédé. En revanche, elle conserve le nom d’un témoin, Humbert de Genod, dit de Crottet, dont la présence atteste le caractère formel de l’opération. Asnières-les-Bois relevait d’une seigneurie avec château-fort tenue à l’origine par des gentilshommes portant le nom d’Asnières ; parmi eux sont rappelés Jocerand, Guillaume et Renaud d’Asnières. Pour les Templiers, cette concession confirme une stratégie d’acquisitions ponctuelles dans les hameaux dépendant de Confrançon.

Nature des possessions

Les biens templiers attestés dans la commune relèvent d’une économie de proximité. Le moulin est l’élément le plus net, et probablement le plus rentable, puisqu’il impliquait un équipement fixe, un usage régulier et des revenus tirés de son exploitation ou des droits afférents. Autour de lui, les donations de 1198 et 1254 montrent l’agrégation d’autres possessions, sans doute foncières, à Asnières-les-Bois et à Cornaton.

La documentation ne mentionne ni chapelle, ni cimetière, ni bâtiment conventuel, ni précepteur particulier pour Confrançon. Tous les actes connus rattachent au contraire ces biens aux Templiers de Laumusse, ce qui suggère une administration à distance depuis cette maison, Confrançon n’étant qu’un secteur de dépendances et de revenus dans un ensemble plus large.

Personnes et milieu local

Trois noms se dégagent particulièrement de la matière disponible. Le premier est Renaud d’Asnières, auteur d’une concession en 1198. Le second est Hugues de Cornaton, chevalier, en rapport direct avec les Templiers en 1209 à propos du moulin situé sous Polliat. Le troisième est Guillaume Frillet, qui, en 1254, abandonna aux frères tout ce qu’il possédait à Cornaton.

Autour d’eux apparaît un entourage nobiliaire ou notabiliaire de hameau : Humbert de Genod, témoin de l’acte de 1198, et la lignée seigneuriale des d’Asnières. Ces noms montrent que les acquisitions templières s’inscrivaient dans le jeu ordinaire des relations entre ordre religieux-militaire, chevalerie locale et détenteurs de biens ruraux.

Confrançon dans le réseau de Laumusse

Les actes de Confrançon ne sont pas isolés. Ils prennent place dans une trame plus large de possessions de Laumusse dans cette partie de la Bresse et des marges voisines. Sans sortir du cadre strict des faits fournis pour Confrançon, on constate que les frères y reçoivent des biens à la fin du XIIe siècle puis au milieu du XIIIe siècle, tandis qu’ils traitent aussi avec les détenteurs du fief de Cornaton pour un moulin situé vers Polliat. Cela dessine moins un établissement unique qu’un petit groupe de possessions rurales dispersées, reliées par l’administration de Laumusse.

Le voisinage de Polliat, explicitement cité pour localiser le moulin, aide à situer ce bien dans un espace de circulation et d’exploitation où les limites communales actuelles comptent moins que les hameaux, les tenures et les droits attachés aux installations productives.

Après la suppression de l’Ordre

Aucun des extraits fournis ne décrit expressément le devenir des biens de Confrançon après la suppression de l’Ordre du Temple en 1312. Comme les possessions mentionnées dépendent de Laumusse, il est seulement prudent de constater que la documentation ici rassemblée ne détaille ni transfert local, ni réorganisation précise pour le moulin ou pour les tenures de Cornaton et d’Asnières-les-Bois.

Toponymes et portée historique

Pour Confrançon, l’enquête repose sur des lieux nommés avec précision : Cornaton, Asnières-les-Bois et Polliat. Le dossier montre que la mémoire templière locale se concentre moins sur le chef-lieu communal que sur ces hameaux et sur un équipement déterminé, le moulin. C’est donc à l’échelle de ces micro-territoires qu’il faut comprendre l’implantation : non comme une grande maison seigneuriale de l’Ordre, mais comme une série de biens ruraux et de droits acquis par actes successifs entre 1198 et 1254.

En l’état des données, le Moulin du Temple de Confrançon désigne ainsi une possession templière attestée par transaction, inscrite dans le secteur de Cornaton et liée à la maison de Laumusse. Autour de ce moulin s’agrègent quelques donations et concessions qui révèlent une présence réelle, ancienne et documentée de l’Ordre dans le territoire de Confrançon, sans que l’on puisse aller au-delà de ce que disent les actes conservés.

Implantations liées à cette commune

Cette page fait partie d’un ensemble local comportant une ou plusieurs notices distinctes. Ces raccords permettent de replacer la commune et ses établissements dans le même dossier territorial sans les fusionner.

Situer cette implantation

Croix des Templiers – Domaines du Temple de Confrançon